vendredi 8 février 2008

LA TRAVERSEE DU CHACO

Nous avons quitté la Bolivie en laissant le mauvais temps qu'il y régnait. Nous avons longé les montagnes de la prè-cordillère jusqu'à Camiri, lieux dans lesquelles Ernesto Guevara a mené sa campagne de Bolivie, pour rejoindre la frontière à Yacuiba.

Nous laissons cette Bolivie aux paysages si différents avec ses montagnes qui culminent à plus de 6000 m et son Bassin Amazonnien encore très sauvage dans la région du Béni. Cette Bolivie dont le coût de la vie pour nous Europèen est dérisoire avec ses repas à moins d'un Euro.

Notre but à présent est de gagner Asuncion par le Chaco Argentin, 800 km d'une route droite pour rallier Formosa la grande ville de cette région et ensuite remonter vers Asuncion.

La région du Chaco à cheval sur le Paraguay et l'Argentine est une région hostile qui se transforme en zone marécageuse à la saison des pluies et qui se compose de forêts d'arbustes assez dense dominée par quelques grands arbres paradis des oiseaux. Pour développer cette région, l'Argentine a decidé de construire il y a environ 3 ans, une route toute droite que nous avons emprunté. La vingtaines de villages qui bordent cette longue bande d'asphalte, se sont vu soudain doter d'infrastructures démesurées et qui faute d'entretien se dégradent déjà. Car dans cette région les conditions de vie sont extrèmement difficiles avec des chaleurs pouvant dépasser 50 degrés, la profusion d'insectes et notament des moustiques, comme nous l'a fait remarquer un villageois avec qui nous convertion : «il faut être né ici pour y vivre...».

Les premiers jours vent arrière et soleil, nous ont permis de rouler sur de grandes distances sur cette route complètement plate, en rencontrant moins d'une dizaine de voiture par jour. Les kilomètres ont défilé sur cette route déserte au milieu d'oiseaux, de papillons et d'animaux semi domestiqués qui paissent tranquillement au bord de la route (vaches, cochons, chèvres, chevaux etc). Ces innombrables papillons blancs nous ont accompagnés tout au long du chemin sur des centaines de kilomètres, combien pouvait-il y en avoir certainement des centaines de milliers. Cette région très peu habitée est aussi le paradis des oiseaux, Tangaras, Cardinaux, Jacarinis, Perroquets, Perruches etc... se comptent par centaines. Nous avons aussi aperçut quelques indiens Guarani qui survivent dans de petites cabanes misérables au bord de cette route.

C'est au bout du 3ème jour et après avoir pris une journée de repos que les choses se sont compliquées. La température est soudainement montée à 48 degrés et nous avons subi des attaques en règle de moustiques. Il nous était impossible de nous arréter pour nous reposer car des centaines de moustiques se posaient sur nous et malgré les répulsifs, trouvaient toujours un endroit pour nous piquer même à travers les vétements. Devant le nombres de piqure que nous subissions par jour nous avons décidé de prendre un traitement anti palludien que nous avions apporté. Sous notre toile de tente, hormis les moustiques, des milliers de cafards (carapata), qui sortent la nuit, jonchent le sol, se faufilent partout dans vos sacs et que vous écrasez le matin en vous levant. Pour sortir de cette zone, où nous avons même trouvé un crocodile écrasé sur la route, nous avons décidé d'allonger nos étapes jusqu'à 170 kilomètres dans la journée. Mais sous ce soleil de plomb, c'est plus de 15 litres d'eau qu'il nous fallait par étape pour boire et nous arroser. Heureusement de temps à autre dans les tous petits villages nous trouvions un peu de boissons fraiches qui nous changeait de la température de l'eau de nos bidons. A ce rythme là, nous avons mis 7 jours dont 6 de vélo pour faire les 800 kilomètres qui nous séparaient de Formosa. Nous sommes arrivés à Formosa fatigués, désydratés et brulés par le soleil, mais nous sentons bien, hormis la fatigue naturelle après de gros effort, nous sommes en grande forme physique. Deux jours de repos pour nous retablir et nous gagnerons la capitale du Paraguay qui se trouve à 100 kilomètres.

L'épreuve du Chaco pour nous a été aussi difficile que la montée sur l'altiplano mais sous le soleil (comme le disait un célèbre chanteur francais) la misère est moins grande...


6 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut les cyclistes.Et bien on pourra dire que vous avez connu tous les climats et ce que vous vivez en ce moment n'est pas des plus marrant.Les cafards,ça passe encore mais les moustiques ça rend fou"vous me direz que vous l'êtes déja un peu"mais tout de même.Jean-michel doit être heureux de se trouver au paradis des oiseaux,et profitez bien des repas a un euro car ici pour ce prix la,tu n'as plus rien.J'espère que vous avez prévu quelques jours de vacances a votre retour car vous en aurez besoin tous les deux.Ici tout baigne,le jeune marié super Sarko baise son mannequin et sur sa lancée il nous baise aussi en espérant qu'on s'en aperçoive pas..
Le con,maintenant que je vous ai prévenu,il n'a qu'a bien se tenir,car traverser tous ces pays de la révolution doit forcément vous donner des idées.Je vais continuer a faire des petits bouts de route avec vous sans trop me fatiguer,mais a mon âge,il faut faire attention.A plus et roulez bien........JPF.

Anonyme a dit…

Les chiens, les cafards, les moustiques.........ahhh les mosquitos super ces bébettes là.....grrrrrrrr voilà encore bien des misères, mais rien n'entame votre moral et votre forme et c'est le principal.Profitez bien des paysages et merci pour vos photos toujours sublimes.....
Courage les cyclistes

Pierrette et Jacky

Anonyme a dit…

Bonjour à tous les deux. Il y a bien longtemps, que independamment de ma volonté, je n'avais pas ouvert le carnet de voyage. Que dire lorsqu'on lit vos commentaires si ce n'est qu'il faut plus que du courage pour faire ce que vous êtes en train de faire : un peu de démence, non ?
Cela dit c'est grand dans tous les sens du terme.
On a toujours autant de plaisir à découvrir vos photos et on ne vous en remerciera jamais assez.
Je suppose que vous avez connaissance de l'actualité de votre pays d'origine, rien de folichon mais également de plus en plus de démence cette fois-ci négative.
Je suis heureuse de constater que tout va bien pour vous et que le moral est au plus haut. Continuez ainsi, profitez et à bientôt. Bises. falbala

JJB a dit…

Bonjour à tous les deux

Je ne me souviens plus quand j'ai osé un commentaire. Me re-voilà donc.
Ouvrir votre blog, c'est comme une parenthèse dans la vie que nous menons. C'est une expérience que nous vivons par procuration. Et je vous en remercie.
Une nouvelle fois, on croit avoir tout vu, mais votre reportage montre bien qu'il n'en est rien.
Ce qui me frappe, ce sont les gens que vous rencontrez : simplicité, accueil, naturel, précarité...
Cela, c'est pour vous. Cela m'interesse bien évidemment, mais cela reste pour vous.
Et puis il y a les crocodiles et les bêtes plus petites (celle-là, c'est vraiment pour, je vous les laisse).
Il va vous en falloir des heures et des heures pour nous raconter tout cela. J'ai hâte.
concernant La Higuera, je suis assez surpris de la modestie du souvenir ; il y a un vrai décalage avec la popularisation subit du Ché dans nos contrées.
Il avait raison le Ché en considérant que c'était aux peuples de se libérer. Mais parfois, on est impatients car cela traine (et notre exemple national est vraiment consternant de ce point de vue).
Alors continuez de pédaler, vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes les plus Heureux. Au fait, hier, c'était la Saint Valentin ! Bonne fête
J Jacques

dominique perney a dit…

salut les courageux,

petites nouvelles du front entendues ce matin à la radio:

les caissières de l'hyper Leclerc de Marseille viennent de reeprendre le travail après plus de 2 semaines de grève ( perte d'un demi mois de salaire )
FO avait laché depuis longtemps
la CFDT majoritaire a signé la reprise et obtenu ( accroché vous à vos guidons !!! )
2jours de grève payé
137 € en bons d'achat chez Leclerc
Et 0,45 € de plus pour les tickets resto ( soit environ 3,5 )

C'est royal ( pas Ségolène ) n'est ce pas !!!

La CGT minoritaire a dénoncé l'accord mais appelle à la reprise du travail .

Moralité : il y a des jours où il vaut mieux être syndicaliste à vélo dans un col péruvien à plus de 3000 m et sous les orages que syndicaliste devant, au petit matin justifié devant des grévistes de tels accords qui sont , c'est le moins qu'on puisse dire , loin d'être ... le Pérou .

Profitez bien de ces moments de " temps suspendus " . Une petite ligne droite de 800 Kms c'est du gateau :-))

zouzou a dit…

Salut les courageux;

Par pitié ne ramenez pas de béêtes j'en ai pe...ur. Nous avons déjà un nain de jardin qui nous baise à tour de bras , alors des béêtes qui piquent trés peu pour moi... Allez continuez à pédaler et faites nous encore partager vos émotions et vos belles photos. A bientôt. Biz Zouzou