samedi 12 janvier 2008

VOILA LA BOLIVIE

Que ces 3 jours pour rallier Puno ont été difficile. Plus de 15 jours sans vélo ont mis à mal notre forme physique et notre adaptation à l'altitude. Si quinze jours sans vélo chez nous ne posent aucun problème à la reprise, à cette altitude, c'est une toute autre histoire...

En effet, nous avons eu constamment mal aux jambes, le souffle court et de gros maux de tête. Heureusement après avoir franchi le col de Abra Raya à 4338 mètres dont seulement les 10 derniers kilomètres sont très dur, nous nous sommes de nouveau retrouvé sur ce grand altiplano tout plat, vent arrière avec un beau temps froid (alors que la saison des pluies s'annoncent) jusqu'à Puno. Nous avons pu constater en une semaine de différence que les sommets des montagnes s'étaient ornés d'un blanc manteau dû au première neige. Aucun coups de pédales ne se faisaient machinalement et il fallait que l'on reste constamment concentrés sur notre tâche pour pouvoir avancer. Nous avons dormi à Ayaviri mais cette fois, nous n'avons pas bu de yaourt sur le marché qui nous avait rendu si malade.


Pour nous Puno est véritablement le point de départ de la deuxième partie de notre aventure. Si jusqu'à Cuzco nous avons suivi «les pas du CHE», pour rejoindre Buenos Aires, comme lui nous allons cette fois-ci tracer notre itinaire au gré des rencontres et des envies avec seulement, 3 points de passage obligatoire La Higuera, Les chutes d'Iguacu, et Rosario.


Pour rejoindre la Bolivie et la ville de Copacabana à 130 kms de Puno, nous avons emprunté une route qui épouse parfaitement le contour du lac Titicaca. Si cette fois-ci nous avons eu le vent de face, quel plaisir pour les yeux que cette route le long du lac. En effet, nous avons vu les Péruviens puis les Boliviens affairés à leurs tâches quotidiennes sans pollution extérieure dû aux touristes. Des centaines de flamants roses et de canards ont accompagnés notre cheminement tout au long de ces 2 jours. De multiples rencontres en ces jours de fêtes au Pérou (dimanche et lundi) et signes amicaux ont égayé notre chemin et nous ont fait oublier les douleurs musculaires toujours présentent. Tout au long de la journée, nous avons pu voir les couleurs changeantes du lac et du ciel aux multiples déclinaisons de bleus ornés de gros nuages blancs sous un ciel d'une limpidité étonnante dû à l'altitude. Nous pourrions utiliser des mots comme incroyable, époustouflant, grandiose, mais nous les avons si souvent utilisé au cours de ce voyage que l'on craint que cela leur enlève leurs vrais valeurs. Ne pourrait-on pas inventer de nouveau adjectif pour décrire tant de beauté.


C'est vers 10 heures du matin que nous avons pénétré en Bolivie. Nous avons pu franchir en à peine 10 minutes la frontière, alors que de nombreux touristes attendaient depuis des heures pour les formalités douanières. Le fait d'être à vélo vous ouvre bien des portes.


Arrivé à Copacabana, petit village Bolivien qui se loge au creux d'une crique verdoyante, nous avons de suite pu voir la différence de niveau de vie qu'il existe avec le Pérou.

En effet, nous avons décidé de prendre un hôtel confortable avec vue sur le lac Titicaca, l'hôtelier nous a demandé moins de 8 euros avec le petit déjeuner. Nous vous laissons imaginer le prix des établissements que nous fréquentons habituellement. Le midi, nous avons mangé une truite pour à peine 1,5 euros. Les truites qui viennent des élevages aquacoles qui fourmillent sur le lac Titicaca. L'après-midi nous avons visiter l'Isla Del Sol qui est habitée depuis la nuit des temps, et qui est un passage obligé pour toutes personnes faisant escale à Copacabana. Cette visite nous a laissée sur notre faim hormis les cultures en espalier sur toute l'île, les vestiges Inca et Pré Inca sont bien trop dégradés pour qu'ils aient un attrait majeur. Sommes-nous blasés après avoir vu tant de belles choses sur les sites Incas que nous avons visité?


Le lendemain matin, après avoir passé une très bonne nuit, sous un ciel maussade et une température de 8° nous avons repris notre route vers La Paz qui se trouve à 150 kms.

Dès la sortie de Copacabana nous attaquons un col de 15 kms qui nous mènera à 4300m d'altitude. Malgré la difficulté du col nous sentons que physiquement nous allons beaucoup mieux «le coup de Pédale est revenu». Seule Laure éprouve toujours des difficultés à respirer correctement à cette altitude. En haut du col, une fois de plus, le spectacle qui s'offre à nos yeux est géant. En effet, nous pouvons, de chaque coté, apercevoir deux endroits différents du Lac Titicaca. Sur la nouvelle partie qui s'offre à nos yeux, nous apercevons d'innombrables petites îles et en toile de fond la Sierra Réal avec ses sommets qui culmine à plus de 6000 m. Alors que nous attaquons la descente vers L'estrecho de Tiquina, où le seul moyen de se rendre sur l'autre rive est le bac, il se met à pleuvoir et bientôt se sera un déluge d'eau de neige et de glace qui s'abattra sur nous. La température étant descendu à 5° nous serons obligés d'enfiler tous les vêtements de vélos que nous avons de disponible. Après un passage épique du détroit de Tiquina sur une vieille barge en bois qui prend l'eau de partout, toujours sous une pluie battante nous reprenons notre route jusqu'à Huatajata à 28 kms de là.

C'est complètement frigorifié et près de l'hypothermie pour Laure que nous trouverons un logement. A contrario de ce que nous avons connu lors du passage de la frontière Chilienne, aucune source d'eau chaude ne nous attendait à l'arrivée bien au contraire un seul petit hôtel miteux avec une douche tiède et 12° dans la chambre. Pour se réchauffer, nous avons enfilé tout nos vêtements secs et nous nous sommes mis au lit à 3 heures de l'après-midi.

Au petit matin, la pluie a cessé remplacé par un fort vent que nous aurons de face jusqu'à La Paz. La journée a été très très difficile et épuisante, outre le vent de face, nous avons monté un faux plat sur 40 kms avec un route dont le revêtement était proche de la piste. Heureusement que physiquement nous avons bien récupéré des efforts de la veille car ce n'est pas moins de 7 heures qu'il nous faudra pour effectuer les 80kms jusqu'à la capitale Bolivienne.

Après une semaine de vélo nous prévoyons 2 jours de repos pour visiter La Paz.


3 commentaires:

dominique perney a dit…

wahoouuu !

et ben dis donc c'est pas rose tous les jours ( sauf pour les flamands ) . L'altitude , le froid , le vent , la pluie ...
Mais l'émerveillement des yeux est toujours là . Le beau l'y vit !

Vous préférez quoi : une vraie montée de 15 kms ou un faux plat de 40 kms ?
Personnellement ma préférence va à une vraie fausse descente de 55 kms avec vent arrière, température clémente et paysage magnifique .

Avant votre départ j'étais impressionné par les mollets de Jean Michel , à votre retour j'ai peur d'être ... effrayé . Je ne me permettrait aucun commentaire sur les mollets de Laure :-)

bonne route

Anonyme a dit…

Pour une reprise,c'est une reprise!Moi qui croyais que les 4000m étaient terminés,je ferai bien de revoir mes cartes de géo.A vous voir habillés comme au pôle nord,ça ne doit pas vous donner envie de faire des galipettes sur le bord de la piste..En revoyant le coin de Maurine,je me dis qu'après ce qu'elle a fait elle ne pourra plus refuser la corvée de "peluche" a la maison pour aider sa mère en cuisine.Depuis que vous êtes partis,il n'y a que des côtes,c'est quand les descentes??Je vous encourage de nouveau et vous fait des gros poutous sur vos joues gelées.A plus .JPF

Anonyme a dit…

Voilà c'est reparti....comme une année nouvelle......les mollets sont durs et il fait froid....alors courage , ici c'est la flotte..mais vous, vous avez le paysage en récompense....
Vos photos sont toujours sensas...
Allez courage! à bientôt

Pierrette et Jacky