samedi 26 janvier 2008

NOUS SOMMES ALLES A LA HIGUERA.....

Pour rejoindre la Higuera nous avons trouvé un petit bus collectif qui relie les villages entre eux et qui nous emmènera à Vallegrande à 220 kms de Santa Cruz. Tout au long du chemin dans ce petit bus archis bondé, nous comprenons qu'il nous aurait été impossible en cette saison de rejoindre Vallégrande voir la Higuera en vélo. Tout au long des 170 kms de routes goudronnées et boueuses, sous de fortes pluies, nous avons rencontré des dizaines d'éboulements et d'affaissements de chaussée. Les 50 derniers kilomètres n'étaient qu'une piste détrempée, impraticable avec des vélos chargés. Arrivés à Vallegrande après 8 heures de bus, lieu où le corps de CHE GUEVARA avait été enterré, nous avons trouvé une ville sans grand interêt dont la plupart des rues ne sont ni goudronnées ni pavées.

Le lendemain, nous avons loué les services d'un guide qui a accepté de tenter de nous emmener à la Higuera. Pour se rendre dans ce village, 60 kms d'une petite piste chaotique à travers la montagne avec le passage d'un col à 3000 m. De plusieurs jours, cette piste était fermée à cause des pluies diluviennes qui s'étaient abattues sur la région et qui avaient provoquées de nombreux éboulements de terrains interdisant le passage. Avoir fait tant de kilomètres pour échouer aussi près du but et du moment le plus fort de notre voyage, il nous était impossible d'accepter cela, après tout ce que nous avons enduré. Fort heureusement, pas de pluie de la nuit et c'est sous un soleil timide que nous avons pris le chemin de la Higuera. Après 4 heures de piste, plusieurs enlisements et des passages très périeux pour éviter les glissements de terrain, nous avons réussi à atteindre les environs de la Higuera. A 5 kms du village, une série de plusieurs affaissements de route nous a interdit toutes progressions et c'est à pied que nous finirons d'arriver à la Higuera. Nous emprunterons un petit sentier transformé en ruisseau sur lequel 3 des compagnons de CHE GUEVARA ont trouvé la mort à quelques encablures du canyon ou le CHE fut a été capturé.

C'est un petit village typiquement Bolivien de 70 habitants qui nous apparaîtra au bout de la piste. Une émotion nous a envahi en pénétrant dans cet endroit où presque rien depuis 40 ans n'a bougé. On pourrait croire a tout moment que le CHE et ses compagnons vont surgir des bosquets environnants. Une atmophère très spéciale règne dans cet endroit chargé d'histoire. Nous comprenons alors que le voyage de la Higuera se mérite (surtout à cette saison) et que seuls des gens très motivés s'y rendent.

De suite, sur plusieurs maisons, des effigies et des paroles du CHE sont inscrites. Cela contraste beaucoup avec le reste de la Bolivie où l'image du CHE est très peu présente sauf dans les slogans des partisans du nouveau président socialiste Bolivien. Deux ou trois statues commémorent la capture et l'assassinat de CHE GUEVARA. La petite école restaurée, où fut emprisonné et assassiné CHE GUEVARA, contient aujourd'hui un très beau petit musée retraçant son combat et sa mort dans ce coin perdu de Bolivie. Dans ce lieu est toujours présente la chaise sur laquelle a été éxécuté GUEVARA. Dans ce pueblo Bolivien, où il n'y a qu'une seule petite épicerie, ce qui nous a le plus frappé comme à Vallegrande, c'est qu'il n'y a aucune «marchandisation» de l'image du CHE. Il ne faut pas oublier que CHE GUEVARA n'a reçu aucun soutien des populations locales, ce qu'il regrettait beaucoup dans son journal, dans son combat pour ce peuple. Et les paroles qu'il prononça dans son dernier discours en Avril 1967 prennent ici toutes leurs valeurs.

«Je ne suis pas un libérateur, de tels hommes n'existent pas, seuls les peuples peuvent obtenir leur propre libération»

Le peuple Bolivien n'a pas souhaitait à cet époque se libérer du joug de ses oppresseurs, c'est certainement pour çà qu'ils sont restés un des peuples les plus pauvres de la planète dont 70% des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

C'est avec un sentiment difficilement descriptible fait d'apaisement et de fierté que nous avons quitté la Higuera non sans jeter un dernier coup d'oeil aux montagnes environnantes qui sont les témoins de l'histoire d'un homme que Jean Paul Sarthe n'hésitait pas à qualifier «l'homme le plus complet de notre époque» dont la séduction et les citations transcendent toutes idéologies politiques et relèvent d'une pensée universelle.

De retour à Vallegrande nous nous sommes rendus au lavoir de l'hôpital où a été exposé le corps du CHE mort. Miraculeusement il est exactement dans l'état dans lequel il se trouvait il y a 40 ans. La seule différence réside dans un nombres incalculables de messages gravés sur les murs en terre de ce petit bâtiment. L'émotion est beaucoup plus grande et beaucoup plus présente que dans la classe restaurée de la Higuera. Symboliquement nous avons nous aussi gravé une petite étoile rouge.

Pour finir notre hommage, nous nous sommes rendu sur la piste de l'aérodrome de Vallegrande où un mausolée a été élevé sur la fosse commune où avait été enterré en cachette le corps de CHE GUEVARA et de 6 de ses compagnons. Ce sanctuaire très sobre a été très bien pensé car outre la fosse commune où la place de chaque corps est symbolisée par des pierres peintes, les murs sont couverts de photos encadrés sur la vie du CHE. De sa naissance en passant par son voyage à motocyclette, le père, l'homme d'état et le révolutionnaire qu'il a été...

Nous avons quitté Vallegrande en pensant aux paroles d'un chanson de notre fille :

«vous partez dans les pas du CHE mais le retrouverez-vous

OUI, nous l'avons retrouvé, car son esprit et celui de ses compagnons resteront pour toujours à la Higuera et dans ses forêts.


HASTA LA VICTORIA SIEMPRE


Info: Demain nous quitterons Santa Cruz pour rejoindre l'Argentine en milieu de semaine.


mercredi 23 janvier 2008

UNE SEMAINE PARTICULIERE

Nous allons essayer de faire l'inventaire de tout ce qui nous est arrivé cette semaine.

La semaine a été si riche en événement qu'immanquablement nous allons oublier des choses.

De la grève des camionneurs, aux pluies diluviennes qui s'abattent sur le bassin Amazonien, aux routes défoncées et coupées par les eaux, à l'alerte émise par la télé pour évacuer les zones inondées et sur les risques de séismes, à notre nouvelle remorque qui prend le chemin de la précédente.

Après une journée de repos à Cochabamba la plus grande ville marché de la Bolivie, où nous logions en compagnie d'une équipe de jeunes footballeurs Brésilien, nous nous étions préparés à une grande étape pour rejoindre Villa Turani la région de la coca dans la forêt tropicale Bolivienne.

A peine nous étions partis que nous sommes tombés sur un «bloquéo» (un blocus routier). Ici, on ne plaisante pas quand on bloque la route, impossible de passer. De plus, nos convictions syndicales font que l'on respecte les gens qui se battent pour améliorer leurs droits et leurs conditions de vie. Nous avons donc conversé toute la matinée avec les grévistes et donné une interview aux journalistes présents. Puis prenant notre mal en patience nous avons donc trouvé un logement pour la nuit. Non sans avoir pris rendez-vous avec un ami gréviste qui nous a proposé de nous emmener le lendemain matin sur le lieu du prochain bloquéo pour que nous puissions reprendre la route avant la mise en place de celui-ci. Le lendemain, nous avons pu reprendre notre route et enfin descendre plus de 70 kms dans des décors grandioses (ceci dit, c'est très compliqué et très fatiguant de descendre de telle distance avec une remorque) pour arriver à Villa Turani où il régnait une température de 38 degrés saturées d'humidité et une présence abondante de moustiques..

Le lendemain nous avons visité les alentours alors que le bloquéo avait lieu dans cette ville, immobilisant des dizaines de bus, voitures et camions.

Perroquets, perruches, papillons, fleurs de la forêt ont comblé nos yeux ravis de voir tant de vie et tant de richesse, car la Bolivie est encore un de ces pays sauvage où à chaque coins de bois (de rue) vous pouvez découvrir des choses inattendues et des endroits encore à peu près vierge. Toute la journée s'est déroulée sous une petite pluie chaude. Après une petite visite aux grévistes, nous sommes rentrés préparer nos affaires pour le lendemain.

Depuis que nous sommes descendu de l'altiplano, la forme physique est au rendez-vous. Malgré les routes défoncées et une crevaison de la remorque qui à nouveau, après une quarantaine de kilomètres de piste, commence à donner comme sa consoeur des signes de faiblesse nous effectuerons ce jour là 110 kms sous une température étouffante au milieu la forêt luxuriante. Nous traverserons des dizaines de Rio (rivière) qui atteignent des hauteurs inquiétantes, qui charrient de plus en plus de boue et d'arbres arrachés .

C'est sous une pluie diluvienne que nous allons effectuer le reste du parcours jusqu'à Santa Cruz. Rivières qui débordent, routes coupées et pistes boueuses seront le lot de nos journées. A la faveur d'une éclaircie qui durera une heure nous serons parmi les derniers à traverser sur un kilomètres une route qui longe une rivière qui déborde et dont on aperçoit plus le bas coté. Cette route inondée, balayée par un fort courant trouve à son goût la remorque qui se met en travers à chaque coup de pédale et c'est au prix de gros effort que nous arriverons à traverser. La hauteur de l'eau atteignant au plus profond 60cm. C'est en prenant beaucoup de risques que nous sommes parvenus à la capitale régionale. La pluie était si forte que cela coupait toute visibilité des bas cotés inondés empêchant les autres véhicules de nous voir malgré nos lampes allumées. Le seul réconfort, c'est que la température avoisine les 25° .

Arrivée à l'hôtel alors que Laure ouvre ses sacoches pour faire le point sur l'état de nos appareils électroniques, une magnifique mygale trône à l'intérieur de la sacoche et qui bien sûr s'échappera rapidement (effectuer 110 km enfermé dans le noir et l'humidité c'est pas de tout repos...).

Le soir, la télévision Bolivienne annonce plusieurs morts, des voitures emportées, des routes coupées, des torrents de boues et émet des avis d'évacuation le long de plusieurs rivières (qui sont en faite des fleuves dont nous avons vu des remous de plus de 3 mètres) et des risques importants de séisme dans le pays.

Demain, nous devions rejoindre la Higuera, mais il est impossible de faire du vélo dans ces conditions sans prendre de très gros risque. Comme il nous est impossible d'attendre une éventuelle amélioration pour des questions de timing, nous avons décidé de rejoindre Vallegrande et la Higuera en stop (aucune route goudronnée ne mène à la Higuera).Si à notre retour dans 3 ou 4 jours la situation ne s'est pas améliorée, nous essayerons de trouver un véhicule qui nous transporte hors de la zone perturbée.

Pour rejoindre les chute d'Iguaçu, nous avions trois routes possible:

- par le Brésil et Corumba, la route est impraticable car elle traverse le Pantanal qui est inondé,

- par le Chaco Paraguayen là aussi la piste est inondée,

- par le nord de l'Argentine, c'est notre solution de secours, puis remonter à la capitale du Paraguay Asuncion.

Malgré tous ces imprévus et toutes ces difficultés, nous gardons un bon moral et nous nous sentons très bien physiquement.

Pas toujours facile d'être dans les pas du Che.



mardi 15 janvier 2008

UNE SEMAINE BIEN DIFFICILE

Nous nous faisions une fausse idée de La Paz, nous pensions à l'instar de Lima que cette ville était sale, anarchique et étouffante. La Paz qui se trouve au fond d'un canyon et dominé par la ville de El Alto. Des hauteurs de la ville, on a la vision d'une citée de brique rouge et assez bien organisée. Intra-muros, ce qui nous frappe de suite c'est la propreté des rues qui sont quasiment toutes pavées. Même si à première vue tout paraît anarchique, il y a une organisation de la vie bien établit. Ces marchés haut en couleur, et son église sont a peu près les seules choses intéressante dans cette capitale.


Après nos deux journées de repos, nous sommes partis en direction de Cochabamba. Un temps maussade entre coupé d'averse va nous accompagné tout au long de la journée a travers un altiplano désertique et sans grand intérêt, nous n'avons vu aucun Lama et quasiment aucune culture. Mais pour rompre la monotonie de la journée, nous nous sommes fait attaquer par un chien (eux par contre sont nombreux). Il a bondi d'un talus dans une descente alors que nous roulions à 35km/h. Laure a pu éviter la morsure en faisant un grand écart sur la route et Jean Michel embarqué par le poids de la remorque, à dévalé un grand fossé et à fini sa course le nez dans l'herbe. Sur la chute le chien a pris peur et nous a laissé tranquille. Pris de colère, Jean Michel s'est relevé et a courru derrière le chien en lui jetant des cailloux. Bilan de la chute, une égratignure au genoux, une bosse sur la tête, la roue avant voilé et le dérailleur tordu. Après quelques réparation, nous avons repris notre route. La journée a été difficile pour Laure qui a souffert de mot de ventre tout au long de l'étape de 100 kms.

Le soir dans le village étape, nous comprenons très vite la différence de niveau de vie qu'il existe entre le Pérou et la Bolivie. Dans ce village, on se serait cru dans une ville du Far ouest. Quelques minutes après notre arrivée, la pluie et la neige vont se mettre à tomber jusqu'à 9 heures du matin. A notre réveil, tous les sommets alentours étaient enneigés. C'est vêtu de nos vêtements les plus chaud et de pluie que nous reprenons notre route. Fort heureusement, la pluie cessera faisant place à un vent très violent les 30 derniers kilomètres du parcours. Et c'est une fois de plus à bout de force que nous arriverons à Caracolla.

A Caracolla se pose à nous un problème bien difficile à résoudre. En effet, après renseignement pris auprès de la police, 190 kms nous attendent pour rejoindre Cochabamba. Si les 50 premiers kilomètres sont plat et en descente et que pour rejoindre Cochabamba une descente de 70 kilomètres nous attend, entre les deux il faut traverser la Cordillère Réal et gravir 4 cols dont un à 4500 mètres de 18kms. Aucun ravitaillement ni logement possible dans les 130 premiers kilomètres. La police nous met en garde sur le fait que la saison des pluies est arrivée et que camper en haute montagne est dangereux. Ils nous indiquent qu'il serait préférable que nous empruntions un transport collectif jusqu'à Cochabamba. Après réflexion nous optons pour une solution intermédiaire. Nous partirons au petit matin et si nous trouvons pas de logement ou si les conditions devenaient trop extrême, nous arrêterions un camion pour rejoindre Cochabamba.

Une fois de plus il a plu toute la nuit. Après une mauvaise nuit dans un logement plus proche «d'une niche à chien» que d'une chambre pour dormir. Dès 7 heures nous prenons la route sous un ciel maussade. Au bout de 2 heures, nous attaquons le col de 18kms, il nous faudra pas moins de 4 heures pour le franchir. Sur le haut du col, à 4501 m de violentes rafales de vent nous font face. Nous sommes obligés de pédaler dans la descente pour atteindre laborieusement 20 kms/heures. Tout au tour de nous le ciel c'est obscurci et il est déjà 15 heures quand nous attaquons sous les premières gouttes le deuxième col. Au bout de quelques minutes, c'est pluie, neige, glace et vent violent qui accompagneront pendant une heure notre ascension. Près du haut, trempés, gelés, nous déciderons de stopper là notre aventure avec au compteur 91kms.

Forte heureusement le premier bus a qui nous avons fait signe, nous a embarqué. S'il y avait de la place pour nos vélos dans les coffres à bagage, le car était plein et c'est dans la cabine avec le chauffeur et trois autre personnes que nous avons fini notre voyage jusqu'à Cochabamba. Deux regrets premièrement de ne pas avoir pu profiter à cause du temps des paysages grandioses de la Sierra Réal, deuxièmement ne pas avoir pu effectuer la descente périeuse de 70 kms qui nous aurait mené à Cochabamba qui se trouve à 2500 m.

Nous sommes sortis des hauts altiplano et d'ici un ou deux jours, nous allons nous retrouver dans la foret tropical jusqu'à Santa Cruz. Même si la saison des pluies ne va pas nous laisser tranquille, il est plus facile de se mouiller par 35° que par des températures proches de 0°.


Dernière minute : Nous venons d'apprendre à la télévision, pas le mariage de Sarkozy, mais que la région du Chapare est bloquée par une grève des camionneurs. Région dans laquelle nous serons demain



samedi 12 janvier 2008

VOILA LA BOLIVIE

Que ces 3 jours pour rallier Puno ont été difficile. Plus de 15 jours sans vélo ont mis à mal notre forme physique et notre adaptation à l'altitude. Si quinze jours sans vélo chez nous ne posent aucun problème à la reprise, à cette altitude, c'est une toute autre histoire...

En effet, nous avons eu constamment mal aux jambes, le souffle court et de gros maux de tête. Heureusement après avoir franchi le col de Abra Raya à 4338 mètres dont seulement les 10 derniers kilomètres sont très dur, nous nous sommes de nouveau retrouvé sur ce grand altiplano tout plat, vent arrière avec un beau temps froid (alors que la saison des pluies s'annoncent) jusqu'à Puno. Nous avons pu constater en une semaine de différence que les sommets des montagnes s'étaient ornés d'un blanc manteau dû au première neige. Aucun coups de pédales ne se faisaient machinalement et il fallait que l'on reste constamment concentrés sur notre tâche pour pouvoir avancer. Nous avons dormi à Ayaviri mais cette fois, nous n'avons pas bu de yaourt sur le marché qui nous avait rendu si malade.


Pour nous Puno est véritablement le point de départ de la deuxième partie de notre aventure. Si jusqu'à Cuzco nous avons suivi «les pas du CHE», pour rejoindre Buenos Aires, comme lui nous allons cette fois-ci tracer notre itinaire au gré des rencontres et des envies avec seulement, 3 points de passage obligatoire La Higuera, Les chutes d'Iguacu, et Rosario.


Pour rejoindre la Bolivie et la ville de Copacabana à 130 kms de Puno, nous avons emprunté une route qui épouse parfaitement le contour du lac Titicaca. Si cette fois-ci nous avons eu le vent de face, quel plaisir pour les yeux que cette route le long du lac. En effet, nous avons vu les Péruviens puis les Boliviens affairés à leurs tâches quotidiennes sans pollution extérieure dû aux touristes. Des centaines de flamants roses et de canards ont accompagnés notre cheminement tout au long de ces 2 jours. De multiples rencontres en ces jours de fêtes au Pérou (dimanche et lundi) et signes amicaux ont égayé notre chemin et nous ont fait oublier les douleurs musculaires toujours présentent. Tout au long de la journée, nous avons pu voir les couleurs changeantes du lac et du ciel aux multiples déclinaisons de bleus ornés de gros nuages blancs sous un ciel d'une limpidité étonnante dû à l'altitude. Nous pourrions utiliser des mots comme incroyable, époustouflant, grandiose, mais nous les avons si souvent utilisé au cours de ce voyage que l'on craint que cela leur enlève leurs vrais valeurs. Ne pourrait-on pas inventer de nouveau adjectif pour décrire tant de beauté.


C'est vers 10 heures du matin que nous avons pénétré en Bolivie. Nous avons pu franchir en à peine 10 minutes la frontière, alors que de nombreux touristes attendaient depuis des heures pour les formalités douanières. Le fait d'être à vélo vous ouvre bien des portes.


Arrivé à Copacabana, petit village Bolivien qui se loge au creux d'une crique verdoyante, nous avons de suite pu voir la différence de niveau de vie qu'il existe avec le Pérou.

En effet, nous avons décidé de prendre un hôtel confortable avec vue sur le lac Titicaca, l'hôtelier nous a demandé moins de 8 euros avec le petit déjeuner. Nous vous laissons imaginer le prix des établissements que nous fréquentons habituellement. Le midi, nous avons mangé une truite pour à peine 1,5 euros. Les truites qui viennent des élevages aquacoles qui fourmillent sur le lac Titicaca. L'après-midi nous avons visiter l'Isla Del Sol qui est habitée depuis la nuit des temps, et qui est un passage obligé pour toutes personnes faisant escale à Copacabana. Cette visite nous a laissée sur notre faim hormis les cultures en espalier sur toute l'île, les vestiges Inca et Pré Inca sont bien trop dégradés pour qu'ils aient un attrait majeur. Sommes-nous blasés après avoir vu tant de belles choses sur les sites Incas que nous avons visité?


Le lendemain matin, après avoir passé une très bonne nuit, sous un ciel maussade et une température de 8° nous avons repris notre route vers La Paz qui se trouve à 150 kms.

Dès la sortie de Copacabana nous attaquons un col de 15 kms qui nous mènera à 4300m d'altitude. Malgré la difficulté du col nous sentons que physiquement nous allons beaucoup mieux «le coup de Pédale est revenu». Seule Laure éprouve toujours des difficultés à respirer correctement à cette altitude. En haut du col, une fois de plus, le spectacle qui s'offre à nos yeux est géant. En effet, nous pouvons, de chaque coté, apercevoir deux endroits différents du Lac Titicaca. Sur la nouvelle partie qui s'offre à nos yeux, nous apercevons d'innombrables petites îles et en toile de fond la Sierra Réal avec ses sommets qui culmine à plus de 6000 m. Alors que nous attaquons la descente vers L'estrecho de Tiquina, où le seul moyen de se rendre sur l'autre rive est le bac, il se met à pleuvoir et bientôt se sera un déluge d'eau de neige et de glace qui s'abattra sur nous. La température étant descendu à 5° nous serons obligés d'enfiler tous les vêtements de vélos que nous avons de disponible. Après un passage épique du détroit de Tiquina sur une vieille barge en bois qui prend l'eau de partout, toujours sous une pluie battante nous reprenons notre route jusqu'à Huatajata à 28 kms de là.

C'est complètement frigorifié et près de l'hypothermie pour Laure que nous trouverons un logement. A contrario de ce que nous avons connu lors du passage de la frontière Chilienne, aucune source d'eau chaude ne nous attendait à l'arrivée bien au contraire un seul petit hôtel miteux avec une douche tiède et 12° dans la chambre. Pour se réchauffer, nous avons enfilé tout nos vêtements secs et nous nous sommes mis au lit à 3 heures de l'après-midi.

Au petit matin, la pluie a cessé remplacé par un fort vent que nous aurons de face jusqu'à La Paz. La journée a été très très difficile et épuisante, outre le vent de face, nous avons monté un faux plat sur 40 kms avec un route dont le revêtement était proche de la piste. Heureusement que physiquement nous avons bien récupéré des efforts de la veille car ce n'est pas moins de 7 heures qu'il nous faudra pour effectuer les 80kms jusqu'à la capitale Bolivienne.

Après une semaine de vélo nous prévoyons 2 jours de repos pour visiter La Paz.


vendredi 4 janvier 2008

VILLEGIATURE

Jeudi après-midi nous avons remis Maurine et son cousin dans l'avion du retour. Ces 15 derniers jours ont bien vite passé et nous ont montré à quel point il était cruel de se séparer de son enfant. C'est le coeur gros que nous nous sommes dit au revoir...Ces 2 semaines nous aurons permis de découvrir Machu Picchu, Cuzco, le lac Titicaca et ses iles d'Amantani et de Taquile ainsi que les célèbres iles flottantes Uros, le canyon del Colca et ses condors, Arequipa et son monastère mystérieux et les iles Ballestas, réserve ornithologique et aquatique d'une grande richesse (le choix des photos a été difficile...). Ce séjour aura aussi permis à notre fille de mieux évaluer et comprendre l'environnement dans lequel nous vivons et de constater l'accueil que nous réservent nos amis Péruviens.


Dès vendredi matin nous avons repris notre périple, même si la venu de Maurine était une joie immense il nous tardait de reprendre nos vélos pour aller de l'avant. Nous avons profité de sa venue pour alléger notre équipement de 3 kg (livres, vêtements). Avec des vélos remis à neuf (chaînes, roues libre, câbles) et une nouvelle remorque, notre premier objectif est de rallier en 3 jours le lac Titicaca jusqu'à Puno, par une route que nous avons emprunté en sens contraire et que nous connaissons bien. Ensuite nous serons plus qu'à 2 étapes de la Bolivie que l'on devrait atteindre en milieu de semaine prochaine.


Feliz anos!!!