mardi 25 décembre 2007

MACHU PICCHU

C'est avec beaucoup de bonheur que nous avons retrouvé notre fille et son cousin pour aller découvrir ensemble Machu picchu.

La découverte de Machu Picchu a été un grand moment dans le voyage de CHE Guevara à travers «son» Amérique du Sud.

Comme le CHE l'avait fait 50 ans plus tôt, nous avons pris le train, unique moyen pour se rendre à Machu Picchu car il n'existe encore aujourd'hui aucune route pour rallier le site (ce qui permet à l'état PÉRUVIEN de pratiquer des prix prohibitifs pour cette visite, limitant ainsi cette découverte au plus riche). Au départ de Cuzco pour gravir la montagne qui entoure la ville, le train effectue une montée en zig zag du Cerro. Par 4 fois, le train avance, s'arrête puis recule en empruntant une autre voie pour s'élever de quelques dizaines de mètres atténuant ainsi la pente trop forte. Et c'est pas moins de 40 minutes qu'il faut pour effectuer ces manoeuvres. Une fois la colline passée, le train progresse à travers les cultures agricoles et les villages de l'altiplano pour ensuite se faufiler dans une gorge escarpée, d'une dizaine de mètres de large, pour rejoindre la ville d'Ollantaytambo. A partir de cette ancienne forteresse Inca, il n'y a plus de route et le seul moyen pour se rendre à Machu Picchu c'est le train. Plus nous progressons, plus la végétation de l'altiplano fait place à une végétation dense du type tropical. Le train avance en longeant la rivière Urubamba dans une gorge étroite parsemée de tunnels. Au bout de 3 heures 30 nous arrivons enfin à Aguas Calientés au pied du Machu Picchu.

Ce n'est pas seulement le site de Machu Picchu qui est grandiose, c'est tout l'environnement qui le compose, fait de montagnes recouvertes d'une épaisse forêt, avec des aplombs vertigineux d'environ 1000 mètres entre lesquel la rivière s'écoule

Dès l'entrée sur le site, nous sommes émerveillés et émus par la beauté et la sérénité du lieu. Nous comprenons mieux l'émotion qu'a dû ressentir le jeune Ernesto Guevara 50 ans plus tôt, en découvrant cet endroit qui a été propice à la réflexion et à la prise de conscience de ce jeune homme qui venait de découvrir cette Amérique sauvage où la plupart des peuples étaient opprimés et exploités.

Des dizaines de terrasses, des bains, des maisons, un temple etc...composent ce site d'une richesse incroyable. Comment autant de personnes pouvaient vivre sur ce bout de montagne où chaque centimètres a été apprivoisé.

Mais la plus belle perspective du site est visible de la montagne qui surplombe Machu Picchu le Huayna Picchu. Ce n'est pas moins d'une heure par un sentier à flanc de montagne où le danger est permanent, avec des a pics de plus de 600 mètres qu'il faut pour atteindre les premières terrasses de ce site. De cet endroit, nous nous rendons mieux compte de l'étendue et de l'organisation de Machu Picchu.

Bien sûr, on peut visiter Machu Picchu en 3 où 4 heures. Mais combien de temps faudrait-il pour bien le connaître et déambuler à sa guise sur ce site où chaque maisons, chaque rues, chaque places mériteraient qu'on leur accorde plus de temps...

C'est la tête dans les étoiles que nous avons pris le chemin du retour, convaincu que le Machu Picchu mérite bien sa place parmi les 7 merveilles du monde.

dimanche 16 décembre 2007

CUZCO A MI CHEMIN

Après avoir parcouru la vallée sacrée, nous avons posé nos vélos à Cuzco avec aux compteurs 3625 kms.

Pour nous cette ville représente la mi-parcours (même si dans les faits ce n'est pas le cas) et nous pensons qu'il est temps de tirer un premier bilan de notre périple.


Près de 3 mois que nous sommes partis, la fatigue est bien présente, même si nous n'avons pas été beaucoup malade, une bronchite et une intoxication alimentaire chacun. Si parcourir 3500 kms n'est pas un exploit en soi, les conditions rencontrées, combiné au poids à tirer ont rapidement entamé notre physique.


L'arrivée de Maurine cette semaine et 2 semaines de repos vont nous faire du bien au moral et au physique, même si nous sentons que du côté de Maurine c'est beaucoup plus dur pour elle que ce que nous avions imaginé.


Et c'est «bon pied bon oeil» que nous entamerons début Janvier la montée vers La Paz avant de rejoindre les plaines du Brésil et de L'Uruguay.


Si vous l'avez compris pour le physique c'est un peu dur, côté rencontre ce n'est pas du tout pareil, rouler permet de faire énormément de rencontres éphémères, fortes, sans hypocrisies. Un jour où 2 au plus au même endroit et il faut reprendre la route. Cette étroite bande de goudron qui n'en fini jamais et qui au détour d'un virage, d'une descente peut vous surprendre, vous étonner, vous enthousiasmer, car c'est bien ça le voyage à vélo, ne jamais savoir ce qui vous attend. Toujours des paysages changeant tantôt somptueux, quelque fois ennuyeux mais toujours nouveau. De la Pampa en Argentine, à la région des grands lacs, des déserts Chilien et Péruviens jusqu'à l'Altiplano, quelle chance nous avons eu de voir autant de chose en si peu de temps. Heureusement que nous tenons un livre de bord, autrement comment se rappeler de tout, d'une personne âgée qui vous engage la conversation, où d'un enfant de l'Altiplano qui vous interpelle d'un large sourire qui fend ses 2 joues rouge et toutes gercées par le froid.


Ernesto Guevara avait raison de dire que ce continent était merveilleux et, si son voyage lui a permis de mieux comprendre cette Amérique, nous aussi il nous permet de là comprendre et là connaître. Beaucoup de signe nous rappelle les dictatures et les combats qu'ont mené ces peuples pour accéder à la liberté, toujours fragile dans certains pays, et s'ouvrir de plus en plus à la civilisation. Bien sûr, beaucoup de choses nous révoltent mais tant nous enthousiasme. Et nous comprenons mieux le cheminement de Guevara qui voulait tant le bonheur de ce peuple attachant face à tant d'exploitation et de misère.


Il nous reste trois mois à parcourir ce continent, même si les premières semaines vont être dur en Bolivie, combien de rencontres, combien d'imprévus nous attendent à chaque virages. Nous pensons que les difficultés n'ont rien de comparable avec les joies et le bonheur que procurent un tel périple.


En attendant nous souhaitons un Joyeux Noël à tout nos fidèles lecteurs. Nous allons continuer ces 15 prochains jours à vous faire découvrir le Pérou en compagnie de notre fille.


mercredi 12 décembre 2007

VERS LA VALLEE SACREE

Lundi lors de notre départ nous n'avions pas complètement récupéré de nos efforts.

C'est pourquoi, pour rallier Cuzco qui se situe a plus de 400kms, nous avons décidé de faire les premiers jours de petites étapes entre 40 et 50 kms afin de ne pas trop puiser dans nos réserves. Si une côte de 4 kms à 7% nous attendait à la sortie de Puno, sur 300 kms nous allions nous retrouver sur un immense altiplano à 3700 m quasiment plat avec vent arrière.


Sur l'altiplano, nous nous sommes retrouvés au coeur de la vie des Péruviens de ces hauts plateaux, que nous avons partagé. Vie très dure, mais très solidaire qui n'a pas beaucoup évolué depuis des centaines d'années. Nous avons pu admirer malgré la hauteur une faune assez conséquente notamment en oiseaux.


Au bout du 3ème jour, alors que nous venions de reprendre la route, nous avons rencontré 3 jeunes «fous» magnifiques qui avec l'arrogance et l'insouciance de la jeunesse, étaient partis de Buenos Aires avec des vélos achetés sur place pour rejoindre Cuzco. Nous avons cheminé ensemble tout au long de la journée. L'après midi venu, nos compagnons pressés dans finir ont voulu continué. Avant de se séparer nous avons rencontré un autre couple de Danois qui à vélo voulait gagner Ushuaia.


Nous avons dormi dans une ville d'une dizaine de milliers d'habitants qui ce jour là n'était qu'un immense marché. Nous avons pù goûté pas mal de spécialisées locales et beaucoup échangé avec ces populations très peu habitués à voir des étrangers dans leur ville. Comme il est impossible de trouver des cartes fiables ou des renseignements précis, le lendemain nous avons fait une étape de 110 kms avec un col de 28 kms pour sortir de l'altiplano et descendu pendant 40 kms pour rejoindre la Vallée Sacrée. Durant la descente, nous avons rencontré un couple Allemano-Espagnol qui gagnait lui aussi en bicyclette Ushuaia. Notre dégustation la veille de produit locaux a joué un mauvais tour à Laure qui s'est retrouvée avec un intoxication alimentaire assez conséquente. Comme dès les premiers symptôme Laure a réagi, malgré une mauvaise nuit, nous avons pu repartir dès le lendemain pour une étape qui ne devait faire que 60 kms. Au final, c'est 95 kms que nous allions parcourir.


Arrivé à Urcos, c'était la fête au village , ce qui nous a pas laissé le choix du logement. Après avoir assisté au cérémonie en faveur de la Vierge et aux courses de chevaux nous avons regagné notre chambre bien en dessous du minimum d'hygiène que l'on pourrait être en droit d'attendre. A son tour, Jean Michel a été victime à retardement à la même intoxication alimentaire mais beaucoup plus forte. Après une nuit sans dormir, nous avons attaqué notre dernière étape de 46 kms nous menant à Cuzco et c'est à l'arraché et au courage que nous avons fini par gagner la capitale des Incas.


Quelques jours de repos et la venue de Maurine vont nous permettre de récupérer physiquement et moralement. Cette semaine sera consacrée à la visite des sites de la Vallée Sacrée avec nos vélos allégés d'une grande partie de leurs bagages restés à Cuzco.



dimanche 2 décembre 2007

DES DIFFICULTES ET DE L'IMPREVU

Quel contraste entre le Pérou et le Chili.

Le Pérou est un pays moins développé que le Chili et beaucoup plus marqué par la tradition. C'est aussi un pays beaucoup plus pauvre avec un coup de la vie très bas, certains restaurants populaires proposent des menus pour 50cts d'euros. Néanmoins l'acceuil que nous réservent ces gens s'il peut paraître moins spontané est beaucoup plus chaleureux.

Un des gros problèmes que nous rencontrons, est de trouver une carte routière et des renseignements fiables quand au distance et au point de ravitaillement possible lors de nos étapes. Dans les réponses, il y a toujours : « menos mas » (plus ou moins). Pour les Péruviens le temps et la distance ne sont pas des notions importantes mais quand vous êtes à vélo c'est une autre histoire...


Nous sommes partis d'Arica pour rejoindre Moquegua, à travers le désert côtier Péruvien. Après un premier col à 900 m nous nous sommes retrouvés sur un plateau en plein désert vent arrière pendant près de 130kms. Durant cette journée, nous avons essuyé plusieurs tempêtes de sable. Un sable rouge qui vient vous fouetter le corps et qui vous pique comme des milliers de petites aiguilles. Chose assez irréelle, en plein désert un péage. A ce péage, il y avait une journaliste qui travaille pour l'état, elle faisait un reportage sur les gens qui empruntent cette route. Deux français à bicyclette en plein désert du pain béni pour elle. Après une demi heure d'interview et de photos nous avons pu repartir. Et c'est complètement épuisé après 9 heures de vélo que nous avons fini cette étape brûlé par le soleil après avoir consommé 12 litres d'eau. Au risque de se répéter, c'était dans des paysages montagneux somptueux que nous avons progressé.


Notre ville étape Monquegua (1200m d'altitude) est une oasis en plein désert où nous avons pris un peu de repos pour préparer notre montée sur l'altiplano et notre voyage vers Puno. Après renseignements pris auprès de la police, nous avons changé notre itinéraire car la voie que nous avions prévu comporte une piste trop défoncée. Notre souci était de trouver des points de ravitaillement sur les 260 kms que nous devions faire. La longueur du col dès la sortie de Moquegua varie suivant les personnes de 70 à 110 kms. C'est donc sans aucune garantie quand au ravitaillement et au kilométrage que nous sommes partis sur cette étape.

Dés le premier feu rouge dans Moquegua nous sommes arrêtés par un journaliste, qui après les politesses d'usage nous a demandé si nous étions d'accord pour faire une émission radio. Nous avons donc dans notre espagnol approximatif fait une émission radio à la «Sud Américaine» où le journaliste avait un débit incroyable on se serait cru lors d'une final de la coupe du monde Pérou Brésil.

Au bout de ¾ d'heures nous avons pu enfin attaquer, par une pente à 7%, notre montée sur l'altiplano. Notre objectif : réaliser au moins 40kms de montée. Au bout de 20 kms nous nous sommes ravitaillés en eau et en vivre soit une charge de 10 kg supplémentaires afin de nous permettre d'aller jusqu'au 2ème point de ravitaillement qui se situe à 40 kms de là. Après 8 heures de vélo où vous devez constamment vous concentrer sur l'effort pour ne pas vous arrêter et vendre votre bicyclette au premier passant, nous avons enfin trouvé un point de bivouac à 2700m. Malgré des pentes à 9 % avec une moyenne sur la journée à 5% nous avons bien effectué nos 4Okms.

Après avoir passé une mauvaise nuit sous la tente dû au gros rhume que traîne Jean Michel depuis 3 jours et au passage des camions sur la route, nous avons repris dès 7 heures notre ascension. D'après nos calculs si la pente reste la même le col ne devrait faire que 80 kms et donc nous devrions arrivé en haut le soir même. Nous avons trouvé les premiers kilomètres de cette ascension beaucoup plus difficiles que la veille, la fatigue se faisant nettement ressentir. Vers 3500m nous avons commencé à ressentir les effets de l'altitude traduit par un léger mal de tête et le souffle un peu plus court. Au bout de 20 kms un péage avec la deuxième zones de ravitaillement. Mais là, les choses se compliquent, plus d'épicerie. L'employé du péage nous indique qu'en haut du col à 4520m il y a un petit Pueblo avec possibilité d'acheter quelques vivres. Nous avons donc entamé la montée finale qui s'avérera être de 17 kms ce qui porte au total le col à 77 kms. C'est au prix de 3 heures et demi d'effort inhumain, ou vous repoussez constamment la limite de la douleur et ou l'altitude vous oblige à vous arrêter tous les 2 kilomètres pour reprendre son souffle que nous sommes arrivés en haut du col. Effectivement il y avait une dizaine de masures en pierre où l'on nous a servi une soupe chaude et ou nous avons pu acheter quelques gâteaux et que 2 litres de Coca Cola. Comme il était que 15 heures 30, nous avons décidé en récompense des efforts consentis, d'engager la descente sur quelques kilomètres afin de trouver un endroit pour camper, et atténuer les effets de l'altitude. Après avoir échangé quelques paroles avec un employé de la route, enfilé un équipement chaud car malgré le soleil il ne faisait que 18°, nous sommes repartis. Au bout d'une quinzaine de kilomètres après être redescendu d'environ 100 m nous avons attaqué un petit col de 5 – 6 kilomètres à 3% pour finir la montée à 4610m. A moins d'un kilomètre du haut, alors qu'au signe avant coureur ne s'était manifesté, Jean Michel s'est mis à tituber sur la route, un mal de tête terrible, la respiration coupée, des nausées et des paroles hachées. Après un arrêt de quelques minutes, il est reparti mais n'a pas pu donner plus de 3 coups de pédales et s'est affalé sur le bord de la route, il me faisait penser à quelqu'un de ivre. Ce qui est bizarre, c'est que moi malgré un gros état de fatigue, je ne ressentais aucun effet de l'altitude. Il fallait absolument que l'on redescende mais nous nous trouvions dans une cuvette entre 2 cols en plus nous n'avions pas la possibilité de planter la tente. J'essayais de réconforter Jean Michel en essayant de trouver une solution avec lui mais il était incapable de raisonner. Il ne nous restait plus comme solution que t'attendre qu'il aille mieux mais nous n'avions plus qu'une heure avant la tombée de la nuit. Quand une camionnette nous doubla et s'arrêta à une centaine de mètre de nous. C'était l'employé de la route qui rentrait chez lui à Juliaca. Au passage il a compris au premier coup d'oeil que nous étions en difficulté. Il s'est approché de moi et m'a expliqué qu'il était dangereux de passer la nuit sous la tente avec un froid qui allait avoisiné les zéros degré alors qu'il nous était impossible de redescendre pour atténuer les effets de l'altitude de plus si l'état de Jean Michel s'aggravait il n'y avait pas de possibilité de secours. En effet, derrière le sommet nous redescendions sur un plateau à 4450m sur 40 kms, et le prochain village se trouvait à 80 kms. J'ai accepté l'option qu'il me proposait à savoir de nous amener directement à Puno à 160 kms de là. Je me suis donc retrouvé assise dans la bétaillère pendant 80 kms jusqu'au prochain village. Nos sauveurs se sont arrêtés pour que nous mangions et ont acheté de la Coca pour Jean Michel qui en a mastiqué tout le reste du voyage. Comme il faisait nuit nous sommes montés à 4 dans le pick up. Je regrettais bien vite ma place dans la bétaillère où enveloppée dans deux épaisses couvertures en alpaga, j'avais pu admirer des paysages d'une limpidité incroyable avec des petits lacs où se mélangeaient des flamants roses, canards, alpagas, lamas...


Les effets de l'altitude et les efforts que nous avons consenti ces derniers jours nous ont épuisé si bien que nous avons passé notre journée de vendredi au lit. Le rhume de Jean Michel s'est transformé en une grosse bronchite avec les effets de l'altitude c'est compliquée. Nous espérons que 3 jours de repos complet vont nous permettre de nous habituer à l'altitude et nous redonner des forces.


Malgré tout le moral est bon car ces derniers jours nous avons franchi un désert, monté un col de 77 kms et atteind l'altitude de 4600m, et nous reprendrons lundi notre route vers Cuzco.