Le mauvais temps à Villa la Angostura a duré 2 jours, neige et pluie mélangée avec de forte rafale de vent. Le 3ème jours l'éclaircie annoncée est au rendez-vous. C'est sous une température de 7° que nous avons entamé notre parcours pour nous rendre au Chili et plus précisément au Termas de Puyhue à 80 kms de notre départ. Dès le départ nous avons monté un premier col de 12 kms à 4% à 1100 m d'altitude, et redescendu à moins de 6OOm pour rejoindre le poste de douane Argentin. Vu notre moyen de locomotion, nous avons passé plus de temps avec les douaniers à parler du Che et de notre voyage que des formalitées de douane. Chose assez incroyable, le poste de douane Chilien se trouve à 41 kms, de l'autre coté de la montagne, du poste de douane Argentin. Ce qui pour nous, représentait plus de 3 heures de vélo donc pendant ce temps, nous n'étions ni en Argentine ni au Chili ni en France. Nous avons attaqué le Paso Samoré qui culmine à 1337m, col de 17 kms avec des passages à plus de 10% dans un froid polaire entre 2 murs de neige. Nous avons encore eu droit à des paysages incroyablement beau avec un ciel très bleu coté Argentin. Après le passage du col, les choses se sont un peu compliquées vu le froid beaucoup plus important que coté Argentin (lac gelé et recouvert de neige) au terme d'une descende d'une dizaine de kilomètre et après avoir monté des côtes très difficiles (12%) nous sommes arrivés au poste de frontière Chilien. Depuis le passage du col nous avons trouvé une végétation plus dense et plus exotique que coté Argentin (fougères géantes, bambous etc). Après la formalité d'usage et une fouille légère de nos bagages pour voir si nous n'avions pas de nourriture, les douaniers ont là aussi, entamé une longue conversation sur les couleurs du drapeau Chilien emprunté à la France, sur le Che et sur notre voyage. Nous sommes repartis fatigués, frigorifiés avec le vent de face, avec l'espoir d'arriver au Termas de Puyhue à 25 kms de là, seul endroit où nous pourrions loger pour la nuit car nous n'avions ni nourriture pour camper (interdit à la frontière) ni argent Chilien de toute façon aucune possibilité de logement ne s'est offerte à nous avant. Nous étions à peu près sûr que cet établissement thermal accepterai soit des dollars soit la carte bleu. Les 10 derniers kilomètres ont été horrible tant sur le plan physique que moral. En effet une succession de côtes de 1km entre 10 et 12% ont fini d'achever nos dernières forces avec une pluie glaciale qui commençait à tomber. Nous étions en perdition totale quand enfin nous avons aperçu les thermes de Puyhue. Cet établissement a été construit par les allemands, très présent dans la région, dans les années 20 avec une architecture très germanique. Devant le prix prohibitif des chambres, Jean-Michel a été obligé de négocier une ristourne de 50% avec accès aux piscines d'eau chaude en prime. Nous avons pleinement profité des piscines d'eau chaude après 8h d'efforts dans des conditions très difficile. Le lendemain au programme 80 kms pour arriver à Osorno.
C'est sous un ciel bas et du crachin que nous sommes partis avec premier objectif de la journée, atteindre Entre Lagos pour trouver des pesos Chilien. Dès les premiers kilomètres, nous avons payé comptant notre longue baignade dans les sources d'eau chaude, en effet nous avions les muscles durcis par l'eau et meurtris par nos efforts de la veille. Après avoir sur une dizaine de kilomètres remonté des côtes difficiles nous nous sommes retrouvés le long du lac avec de la polyculture dans une zone qui pourrait ressembler à notre Périgord. Arrivé à Entre Lagos, la seule banque du village n'accepte pas les cartes visas. Heureusement, nous avons engagé la conversation avec un autochtone qui a accepté de nous échanger des pesos Chilien contre des dollars que nous avons en réserve. Nous avons trouvé une petite gargouille pour se désaltérer et manger quelques Empenadas. La pluie s'est mise à tomber violemment comme notre moral et notre physique sont bien entamés nous avons décidé de dormir sur place puis du fait d'un éclairci nous sommes repartis pour rejoindre Osorno à 50kms de là. Les 50 derniers kilomètres ont été très difficile avec un vent de face violent et des giboulées toutes les demi heures et une température de 10°.
Au départ d'Osorno, c'est avec le moral bas et nos 650 muscles douloureux que nous entamons une fois de plus vent de face l'étape qui nous conduira à Valdivia. Le seul réconfort de la journée viendra d'un petit restaurant en planche au bord de la route qui nous a servi du pain fait maison cuit sous la cendre et la spécialité du Chili la Cazuela (grossse assiette soupe avec de la viande, du riz des petits pois qui se rapproche de notre pot au feu). C'est complètement exténué, à la dérive et au courage que nous avons rejoint Valvidia. Nous avons décidé de rester 2 jours dans cette ville près du Pacifique pour essayer de nous refaire le physique et le moral car l'épreuve de la Cordillère aura été bien difficile. Vivement que l'on retrouve un temps plus clément et des températures plus positives.
4 commentaires:
Sachez que même dans les moments les plus difficiles je pense très fort a vous!
Je vous aime vous me manquez beaucoup vivement le Pérou.
Bisou Maurine qui vous aime.
bonjour a vous deux
On vous suit dans ce périple , dur dur la cordillere apparement!!
Bon...vous avez repris du poil de la bête , bon courage.
cathy didier
bonjour à tous les 2
je suis avec beaucoup d'intérêt votre carnet de voyage qui est très intéressant. étant cycliste j'imagine la douleur et les difficultés pour affronter les conditions climatiques assez extrêmes ainsi que les cols qui ne sont pas très roulants dira-t-on....Nous t'avions prévenu de te méfier des polonais...,en espérant que tu arrives à bidouiller ? Ne doutant pas de votre volonté je vous encourage et profiter de ces moments qui sont si rares.
amicalement
henri et francoise
Toujours votre récit très captivant, mais beaucoup de misère semble t'il.Tenez bon,maintenez le cap autant physiquement que moralement........vous soutenons très fort.......
Courage
Pierrette et Jacky
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