mardi 25 décembre 2007

MACHU PICCHU

C'est avec beaucoup de bonheur que nous avons retrouvé notre fille et son cousin pour aller découvrir ensemble Machu picchu.

La découverte de Machu Picchu a été un grand moment dans le voyage de CHE Guevara à travers «son» Amérique du Sud.

Comme le CHE l'avait fait 50 ans plus tôt, nous avons pris le train, unique moyen pour se rendre à Machu Picchu car il n'existe encore aujourd'hui aucune route pour rallier le site (ce qui permet à l'état PÉRUVIEN de pratiquer des prix prohibitifs pour cette visite, limitant ainsi cette découverte au plus riche). Au départ de Cuzco pour gravir la montagne qui entoure la ville, le train effectue une montée en zig zag du Cerro. Par 4 fois, le train avance, s'arrête puis recule en empruntant une autre voie pour s'élever de quelques dizaines de mètres atténuant ainsi la pente trop forte. Et c'est pas moins de 40 minutes qu'il faut pour effectuer ces manoeuvres. Une fois la colline passée, le train progresse à travers les cultures agricoles et les villages de l'altiplano pour ensuite se faufiler dans une gorge escarpée, d'une dizaine de mètres de large, pour rejoindre la ville d'Ollantaytambo. A partir de cette ancienne forteresse Inca, il n'y a plus de route et le seul moyen pour se rendre à Machu Picchu c'est le train. Plus nous progressons, plus la végétation de l'altiplano fait place à une végétation dense du type tropical. Le train avance en longeant la rivière Urubamba dans une gorge étroite parsemée de tunnels. Au bout de 3 heures 30 nous arrivons enfin à Aguas Calientés au pied du Machu Picchu.

Ce n'est pas seulement le site de Machu Picchu qui est grandiose, c'est tout l'environnement qui le compose, fait de montagnes recouvertes d'une épaisse forêt, avec des aplombs vertigineux d'environ 1000 mètres entre lesquel la rivière s'écoule

Dès l'entrée sur le site, nous sommes émerveillés et émus par la beauté et la sérénité du lieu. Nous comprenons mieux l'émotion qu'a dû ressentir le jeune Ernesto Guevara 50 ans plus tôt, en découvrant cet endroit qui a été propice à la réflexion et à la prise de conscience de ce jeune homme qui venait de découvrir cette Amérique sauvage où la plupart des peuples étaient opprimés et exploités.

Des dizaines de terrasses, des bains, des maisons, un temple etc...composent ce site d'une richesse incroyable. Comment autant de personnes pouvaient vivre sur ce bout de montagne où chaque centimètres a été apprivoisé.

Mais la plus belle perspective du site est visible de la montagne qui surplombe Machu Picchu le Huayna Picchu. Ce n'est pas moins d'une heure par un sentier à flanc de montagne où le danger est permanent, avec des a pics de plus de 600 mètres qu'il faut pour atteindre les premières terrasses de ce site. De cet endroit, nous nous rendons mieux compte de l'étendue et de l'organisation de Machu Picchu.

Bien sûr, on peut visiter Machu Picchu en 3 où 4 heures. Mais combien de temps faudrait-il pour bien le connaître et déambuler à sa guise sur ce site où chaque maisons, chaque rues, chaque places mériteraient qu'on leur accorde plus de temps...

C'est la tête dans les étoiles que nous avons pris le chemin du retour, convaincu que le Machu Picchu mérite bien sa place parmi les 7 merveilles du monde.

dimanche 16 décembre 2007

CUZCO A MI CHEMIN

Après avoir parcouru la vallée sacrée, nous avons posé nos vélos à Cuzco avec aux compteurs 3625 kms.

Pour nous cette ville représente la mi-parcours (même si dans les faits ce n'est pas le cas) et nous pensons qu'il est temps de tirer un premier bilan de notre périple.


Près de 3 mois que nous sommes partis, la fatigue est bien présente, même si nous n'avons pas été beaucoup malade, une bronchite et une intoxication alimentaire chacun. Si parcourir 3500 kms n'est pas un exploit en soi, les conditions rencontrées, combiné au poids à tirer ont rapidement entamé notre physique.


L'arrivée de Maurine cette semaine et 2 semaines de repos vont nous faire du bien au moral et au physique, même si nous sentons que du côté de Maurine c'est beaucoup plus dur pour elle que ce que nous avions imaginé.


Et c'est «bon pied bon oeil» que nous entamerons début Janvier la montée vers La Paz avant de rejoindre les plaines du Brésil et de L'Uruguay.


Si vous l'avez compris pour le physique c'est un peu dur, côté rencontre ce n'est pas du tout pareil, rouler permet de faire énormément de rencontres éphémères, fortes, sans hypocrisies. Un jour où 2 au plus au même endroit et il faut reprendre la route. Cette étroite bande de goudron qui n'en fini jamais et qui au détour d'un virage, d'une descente peut vous surprendre, vous étonner, vous enthousiasmer, car c'est bien ça le voyage à vélo, ne jamais savoir ce qui vous attend. Toujours des paysages changeant tantôt somptueux, quelque fois ennuyeux mais toujours nouveau. De la Pampa en Argentine, à la région des grands lacs, des déserts Chilien et Péruviens jusqu'à l'Altiplano, quelle chance nous avons eu de voir autant de chose en si peu de temps. Heureusement que nous tenons un livre de bord, autrement comment se rappeler de tout, d'une personne âgée qui vous engage la conversation, où d'un enfant de l'Altiplano qui vous interpelle d'un large sourire qui fend ses 2 joues rouge et toutes gercées par le froid.


Ernesto Guevara avait raison de dire que ce continent était merveilleux et, si son voyage lui a permis de mieux comprendre cette Amérique, nous aussi il nous permet de là comprendre et là connaître. Beaucoup de signe nous rappelle les dictatures et les combats qu'ont mené ces peuples pour accéder à la liberté, toujours fragile dans certains pays, et s'ouvrir de plus en plus à la civilisation. Bien sûr, beaucoup de choses nous révoltent mais tant nous enthousiasme. Et nous comprenons mieux le cheminement de Guevara qui voulait tant le bonheur de ce peuple attachant face à tant d'exploitation et de misère.


Il nous reste trois mois à parcourir ce continent, même si les premières semaines vont être dur en Bolivie, combien de rencontres, combien d'imprévus nous attendent à chaque virages. Nous pensons que les difficultés n'ont rien de comparable avec les joies et le bonheur que procurent un tel périple.


En attendant nous souhaitons un Joyeux Noël à tout nos fidèles lecteurs. Nous allons continuer ces 15 prochains jours à vous faire découvrir le Pérou en compagnie de notre fille.


mercredi 12 décembre 2007

VERS LA VALLEE SACREE

Lundi lors de notre départ nous n'avions pas complètement récupéré de nos efforts.

C'est pourquoi, pour rallier Cuzco qui se situe a plus de 400kms, nous avons décidé de faire les premiers jours de petites étapes entre 40 et 50 kms afin de ne pas trop puiser dans nos réserves. Si une côte de 4 kms à 7% nous attendait à la sortie de Puno, sur 300 kms nous allions nous retrouver sur un immense altiplano à 3700 m quasiment plat avec vent arrière.


Sur l'altiplano, nous nous sommes retrouvés au coeur de la vie des Péruviens de ces hauts plateaux, que nous avons partagé. Vie très dure, mais très solidaire qui n'a pas beaucoup évolué depuis des centaines d'années. Nous avons pu admirer malgré la hauteur une faune assez conséquente notamment en oiseaux.


Au bout du 3ème jour, alors que nous venions de reprendre la route, nous avons rencontré 3 jeunes «fous» magnifiques qui avec l'arrogance et l'insouciance de la jeunesse, étaient partis de Buenos Aires avec des vélos achetés sur place pour rejoindre Cuzco. Nous avons cheminé ensemble tout au long de la journée. L'après midi venu, nos compagnons pressés dans finir ont voulu continué. Avant de se séparer nous avons rencontré un autre couple de Danois qui à vélo voulait gagner Ushuaia.


Nous avons dormi dans une ville d'une dizaine de milliers d'habitants qui ce jour là n'était qu'un immense marché. Nous avons pù goûté pas mal de spécialisées locales et beaucoup échangé avec ces populations très peu habitués à voir des étrangers dans leur ville. Comme il est impossible de trouver des cartes fiables ou des renseignements précis, le lendemain nous avons fait une étape de 110 kms avec un col de 28 kms pour sortir de l'altiplano et descendu pendant 40 kms pour rejoindre la Vallée Sacrée. Durant la descente, nous avons rencontré un couple Allemano-Espagnol qui gagnait lui aussi en bicyclette Ushuaia. Notre dégustation la veille de produit locaux a joué un mauvais tour à Laure qui s'est retrouvée avec un intoxication alimentaire assez conséquente. Comme dès les premiers symptôme Laure a réagi, malgré une mauvaise nuit, nous avons pu repartir dès le lendemain pour une étape qui ne devait faire que 60 kms. Au final, c'est 95 kms que nous allions parcourir.


Arrivé à Urcos, c'était la fête au village , ce qui nous a pas laissé le choix du logement. Après avoir assisté au cérémonie en faveur de la Vierge et aux courses de chevaux nous avons regagné notre chambre bien en dessous du minimum d'hygiène que l'on pourrait être en droit d'attendre. A son tour, Jean Michel a été victime à retardement à la même intoxication alimentaire mais beaucoup plus forte. Après une nuit sans dormir, nous avons attaqué notre dernière étape de 46 kms nous menant à Cuzco et c'est à l'arraché et au courage que nous avons fini par gagner la capitale des Incas.


Quelques jours de repos et la venue de Maurine vont nous permettre de récupérer physiquement et moralement. Cette semaine sera consacrée à la visite des sites de la Vallée Sacrée avec nos vélos allégés d'une grande partie de leurs bagages restés à Cuzco.



dimanche 2 décembre 2007

DES DIFFICULTES ET DE L'IMPREVU

Quel contraste entre le Pérou et le Chili.

Le Pérou est un pays moins développé que le Chili et beaucoup plus marqué par la tradition. C'est aussi un pays beaucoup plus pauvre avec un coup de la vie très bas, certains restaurants populaires proposent des menus pour 50cts d'euros. Néanmoins l'acceuil que nous réservent ces gens s'il peut paraître moins spontané est beaucoup plus chaleureux.

Un des gros problèmes que nous rencontrons, est de trouver une carte routière et des renseignements fiables quand au distance et au point de ravitaillement possible lors de nos étapes. Dans les réponses, il y a toujours : « menos mas » (plus ou moins). Pour les Péruviens le temps et la distance ne sont pas des notions importantes mais quand vous êtes à vélo c'est une autre histoire...


Nous sommes partis d'Arica pour rejoindre Moquegua, à travers le désert côtier Péruvien. Après un premier col à 900 m nous nous sommes retrouvés sur un plateau en plein désert vent arrière pendant près de 130kms. Durant cette journée, nous avons essuyé plusieurs tempêtes de sable. Un sable rouge qui vient vous fouetter le corps et qui vous pique comme des milliers de petites aiguilles. Chose assez irréelle, en plein désert un péage. A ce péage, il y avait une journaliste qui travaille pour l'état, elle faisait un reportage sur les gens qui empruntent cette route. Deux français à bicyclette en plein désert du pain béni pour elle. Après une demi heure d'interview et de photos nous avons pu repartir. Et c'est complètement épuisé après 9 heures de vélo que nous avons fini cette étape brûlé par le soleil après avoir consommé 12 litres d'eau. Au risque de se répéter, c'était dans des paysages montagneux somptueux que nous avons progressé.


Notre ville étape Monquegua (1200m d'altitude) est une oasis en plein désert où nous avons pris un peu de repos pour préparer notre montée sur l'altiplano et notre voyage vers Puno. Après renseignements pris auprès de la police, nous avons changé notre itinéraire car la voie que nous avions prévu comporte une piste trop défoncée. Notre souci était de trouver des points de ravitaillement sur les 260 kms que nous devions faire. La longueur du col dès la sortie de Moquegua varie suivant les personnes de 70 à 110 kms. C'est donc sans aucune garantie quand au ravitaillement et au kilométrage que nous sommes partis sur cette étape.

Dés le premier feu rouge dans Moquegua nous sommes arrêtés par un journaliste, qui après les politesses d'usage nous a demandé si nous étions d'accord pour faire une émission radio. Nous avons donc dans notre espagnol approximatif fait une émission radio à la «Sud Américaine» où le journaliste avait un débit incroyable on se serait cru lors d'une final de la coupe du monde Pérou Brésil.

Au bout de ¾ d'heures nous avons pu enfin attaquer, par une pente à 7%, notre montée sur l'altiplano. Notre objectif : réaliser au moins 40kms de montée. Au bout de 20 kms nous nous sommes ravitaillés en eau et en vivre soit une charge de 10 kg supplémentaires afin de nous permettre d'aller jusqu'au 2ème point de ravitaillement qui se situe à 40 kms de là. Après 8 heures de vélo où vous devez constamment vous concentrer sur l'effort pour ne pas vous arrêter et vendre votre bicyclette au premier passant, nous avons enfin trouvé un point de bivouac à 2700m. Malgré des pentes à 9 % avec une moyenne sur la journée à 5% nous avons bien effectué nos 4Okms.

Après avoir passé une mauvaise nuit sous la tente dû au gros rhume que traîne Jean Michel depuis 3 jours et au passage des camions sur la route, nous avons repris dès 7 heures notre ascension. D'après nos calculs si la pente reste la même le col ne devrait faire que 80 kms et donc nous devrions arrivé en haut le soir même. Nous avons trouvé les premiers kilomètres de cette ascension beaucoup plus difficiles que la veille, la fatigue se faisant nettement ressentir. Vers 3500m nous avons commencé à ressentir les effets de l'altitude traduit par un léger mal de tête et le souffle un peu plus court. Au bout de 20 kms un péage avec la deuxième zones de ravitaillement. Mais là, les choses se compliquent, plus d'épicerie. L'employé du péage nous indique qu'en haut du col à 4520m il y a un petit Pueblo avec possibilité d'acheter quelques vivres. Nous avons donc entamé la montée finale qui s'avérera être de 17 kms ce qui porte au total le col à 77 kms. C'est au prix de 3 heures et demi d'effort inhumain, ou vous repoussez constamment la limite de la douleur et ou l'altitude vous oblige à vous arrêter tous les 2 kilomètres pour reprendre son souffle que nous sommes arrivés en haut du col. Effectivement il y avait une dizaine de masures en pierre où l'on nous a servi une soupe chaude et ou nous avons pu acheter quelques gâteaux et que 2 litres de Coca Cola. Comme il était que 15 heures 30, nous avons décidé en récompense des efforts consentis, d'engager la descente sur quelques kilomètres afin de trouver un endroit pour camper, et atténuer les effets de l'altitude. Après avoir échangé quelques paroles avec un employé de la route, enfilé un équipement chaud car malgré le soleil il ne faisait que 18°, nous sommes repartis. Au bout d'une quinzaine de kilomètres après être redescendu d'environ 100 m nous avons attaqué un petit col de 5 – 6 kilomètres à 3% pour finir la montée à 4610m. A moins d'un kilomètre du haut, alors qu'au signe avant coureur ne s'était manifesté, Jean Michel s'est mis à tituber sur la route, un mal de tête terrible, la respiration coupée, des nausées et des paroles hachées. Après un arrêt de quelques minutes, il est reparti mais n'a pas pu donner plus de 3 coups de pédales et s'est affalé sur le bord de la route, il me faisait penser à quelqu'un de ivre. Ce qui est bizarre, c'est que moi malgré un gros état de fatigue, je ne ressentais aucun effet de l'altitude. Il fallait absolument que l'on redescende mais nous nous trouvions dans une cuvette entre 2 cols en plus nous n'avions pas la possibilité de planter la tente. J'essayais de réconforter Jean Michel en essayant de trouver une solution avec lui mais il était incapable de raisonner. Il ne nous restait plus comme solution que t'attendre qu'il aille mieux mais nous n'avions plus qu'une heure avant la tombée de la nuit. Quand une camionnette nous doubla et s'arrêta à une centaine de mètre de nous. C'était l'employé de la route qui rentrait chez lui à Juliaca. Au passage il a compris au premier coup d'oeil que nous étions en difficulté. Il s'est approché de moi et m'a expliqué qu'il était dangereux de passer la nuit sous la tente avec un froid qui allait avoisiné les zéros degré alors qu'il nous était impossible de redescendre pour atténuer les effets de l'altitude de plus si l'état de Jean Michel s'aggravait il n'y avait pas de possibilité de secours. En effet, derrière le sommet nous redescendions sur un plateau à 4450m sur 40 kms, et le prochain village se trouvait à 80 kms. J'ai accepté l'option qu'il me proposait à savoir de nous amener directement à Puno à 160 kms de là. Je me suis donc retrouvé assise dans la bétaillère pendant 80 kms jusqu'au prochain village. Nos sauveurs se sont arrêtés pour que nous mangions et ont acheté de la Coca pour Jean Michel qui en a mastiqué tout le reste du voyage. Comme il faisait nuit nous sommes montés à 4 dans le pick up. Je regrettais bien vite ma place dans la bétaillère où enveloppée dans deux épaisses couvertures en alpaga, j'avais pu admirer des paysages d'une limpidité incroyable avec des petits lacs où se mélangeaient des flamants roses, canards, alpagas, lamas...


Les effets de l'altitude et les efforts que nous avons consenti ces derniers jours nous ont épuisé si bien que nous avons passé notre journée de vendredi au lit. Le rhume de Jean Michel s'est transformé en une grosse bronchite avec les effets de l'altitude c'est compliquée. Nous espérons que 3 jours de repos complet vont nous permettre de nous habituer à l'altitude et nous redonner des forces.


Malgré tout le moral est bon car ces derniers jours nous avons franchi un désert, monté un col de 77 kms et atteind l'altitude de 4600m, et nous reprendrons lundi notre route vers Cuzco.



mardi 27 novembre 2007

DERNIERS JOURS AU CHILI

Notre dernière semaine au Chili a été consacré à rallier Santiago à Valparaiso à vélo puis se rendre à ARICA .Après avoir déjeuner en famille chez nos amis Chilien, nous avons repris notre route. Deux étapes faites sous un soleil de plomb 41° qui a fini d'affiner le bronzage et même plus. Nous avons traversé plusieurs vallées entièrement plantées de vignes. Nous avons vraiment de la chance car après avoir découvert l'île de Pâques , c'est Valparaiso maintenant que nous allons visités..


Valparaiso, était le1er port du pacifique jusqu'à l'ouverture du canal de Panama. Ce port a vue les plus grands bateaux corsaires faire escale et a participé à la ruée vers l'or dans le grand nord Canadien.. Cette ville est conforme aux images que nous en avons en Europe avec les ascenseurs plus que centenaires qui montent dans les cerros (collines) ses maisons multicolores et ses rues inextricables. Ville où Pablo Neruda héros national avait une maison La Sébastiana. Ces 3 jours à Valparaiso ont été très enrichissant d'un point culturel mais aussi humain car nous avons logé dans la même hospédajé avec un couple de biologiste chiliens réfugiés en France depuis 30 ans pour cause de dictature, un autre réfugié qui lui a fait sa vie au Canada, un militant communiste et une jeune femme alter mondialiste, toutes ces personnes ont animé nos petits déjeuners pris sur une terrasse avec vue sur le pacifique.


Pour rejoindre Arica nous n'avons pas trouvé de bateau, malgré leurs 5000 kms de côtes, le Chili n'a pas une grande tradition maritime et a supprimé toutes ses lignes vers le nord. C'est donc un moyen de transport moins exotique que nous avons emprunté : le bus. 28 heures pour traverser le désert d'Atacama , avec des paysages époustouflants, pour rejoindre notre point de chute au pied de la Cordillère.

L'étape qui nous a mené de Arica à Tacna au Pérou a été très difficile. Après nos vacances, il a été dur de remettre en route nos muscles. Nous avons effectué 50 kms en plein désert à près de 40° et montée de 0 à 600 mètres en 60 kilomètres. Demain, nous allons prendre la route du Lac Titicaca qui se trouve à 300 kms.


Au vue des difficultés et de l'altitude, nous prévoyons une semaine pour faire cette distance. Nous allons être obligé de prévoir ravitaillement et camping sauvage pour traverser ces zones très peu habitées. Dès que nous serons arrivés au bord du Lac Titicaca vraisemblablement le dimanche 2 où lundi 3 décembre nous vous raconterons notre odyssée. A noter que nous sommes passé de 4 heures de décalage avec la France à 6 heures.



dimanche 18 novembre 2007

L'ILE DE PAQUES

Magique ! si on devait qualifier en un seul mot l'île de Pâques, c'est bien magique que l'on emploierait.

Magique dès la descente de l'avion, sur ce petit aérodrome où vous êtes envahie par l'odeur suave de cette île, odeur qui doit provenir d'une des multiples fleurs s'y trouvant.

Magique comme l'atmosphère qui règle sur cette île mystérieuse.

Magique quand vous vous retrouvez au pied de ses statues de pierre mesurant pour certaines plus de 10 m de haut, coiffées de leurs étranges chapeaux qui simulent les cheveux de ces géants. Ces statues toutes le dos tournées à la mer, sauf une série de 7, représentant les fils du premier roi venus certainement des îles Marquises. Combien de temps et d'énergie a t-il fallu à ce peuple consentant où non pour tailler de tels géants avec comme seul outil une herminette en pierre de lave. Comme on se sent petit et impuissant face à de tel monstre au regard fixe et aux mains posées sur le ventre. Quand vous faites face à ces statues une énergie incroyable vous envahie et votre regard ne peut se détacher de ces magnifiques blocs de pierre taillés.

Quel roi a été assez fou pour imposer un tel martyr à son peuple. On estime à plus d'un millier les statues qui ont été érigée sur toute l'île toujours plus hautes toujours plus grosses et qui étaient transportées sur plus de 10 kms. Certaines inachevées dans la mine à ciel ouvert dépassent les 20 m, que dire des stèles sur lesquelles elles sont posées, mur en pierre où l'on peut voir quand il n'ont pas été détruite, un ajustement parfait. Ce travail de forçât inhumain poussât vers 1650 certaines tribus à se révolter mettant fin au règne des Moaïs. Avec la fin des Moaïs qui furent renversés et la plupart cassés, arrivât l'avènement du culte de l'homme oiseau. Tous les ans, chaque village choisissait son champion qui devait allé chercher le premier oeuf d'oiseau marin pondu sur une île à près de 500 mètres de la côte, dans une eau infestée de requins, gravir une paroi abrupte de plusieurs centaines de mètres pour emmener l'oeuf collé sur le front à son roi. La récompense une statue à son effigie et une vie en ermite sur un volcan voisin..

Magique comme le lieu sacré où repose le Rapa Nui (le nombril du monde) pierre de lave parfaitement ronde qui affole toutes les boussoles que l'on pose dessus et qui était considérée par les habitants de l'île comme le nombril du monde.

Mais le pire danger guettait ce peuple, qui à son apogée comptait 15 000 personnes sur une île de 23 km par 12, l'arrivée de l'homme blanc, qui s'est succédé pour exploiter, déporter, anéantir ce peuple jusqu'à ce qu'il ne reste au début du siècle que 110 pascuans sur l'île.


Cette île qui aujourd'hui, compte 3500 habitants regroupés dans un seul village Hanga Roa qui a gardé un caractère vrai malgré quelques concessions au modernisme. Un tourisme très limité et des lois protégant la propriété font que cette île garde son ambiance polynésienne avec ses légendes, ses croyances et ses mystères.


Voilà notre parenthèse sur l'île de Pâques est terminée, il nous faut songer à reprendre notre route...avec quelques amis en plus



lundi 12 novembre 2007

UNE TRES BONNE NOUVELLE ET UNE TRES MAUVAISE NOUVELLE

Ernesto Guevara durant son voyage, n'a eu qu'un seul grand regret de ne pouvoir aller sur l'île de Pâques. Mais à cette époque il n'y avait qu'un bateau tous les six mois. Dans son livre, il parle de l'île de Pâques ainsi :

    - « l'île de Pâques ! L'imagination suspend son vol et se met à tourner autour d'elle... »

Pour nous l'île de Pâques a toujours représenté, avec les Galapagos un voyage mythique mais inaccessible, en fait un voyage que l'on fait que dans les rêves. Cette terre mystérieuse si lointaine mais aujourd'hui si proche, malgré les 4000 kilomètres qui l'a sépare de son pays d'attache le Chili, nous a décidé, après une semaine de réflexion à faire ce voyage. Nous nous rendrons donc pendant 4 jours sur l'île de Râpa Nui, faisant ainsi quelque part, le voyage qu'Ernesto Guevara n'a jamais effectué.


C'est la très bonne nouvelle!


C'est 4 derniers jours, nous avons effectué sous le soleil 440 kms, dont 370 vent arrière, puisque pour gagner du temps nous n'avons pas pris de repos la veille d'arriver à Santiago. Nous roulons toujours dans des paysages magnifiques et de plus en plus montagneux. En effet la région que nous venons de traverser est la région de la vigne et de l'arboriculture où se mêlent pommier, poirier, kiwi, abricotier etc... l'avancée du printemps ici est très nette avec les premiers fruits qui sont en vente et notamment les cerises et les fraises dont nous prenons un réel plaisir à déguster. Mais plus nous avançons, plus la Cordillère se rapproche ainsi que la Sierra Côtière pour se rejoindre à Rancagua à une centaine de kilomètre de Santiago. Les sommets enneigés sont si proche que l'on pourrait presque les toucher et c'est très agréable sous cette chaleur d'apercevoir de la neige.


Malgré cette très bonne progression dans des conditions idéales, un moral au zénith, nous sentons après 2500 kms notre énergie se tarir et notre physique s'entamer. C'est un phénomène que les cyclistes connaisse bien lors des grosses périodes d'entraînement. Les prochains jours moins intense en vélo vont nous permettre de refaire nos forces pour attaquer le Pérou et la montée sur l'altiplano.


Nous trouvons aussi que l'acceuil est beaucoup plus chaleureux que dans le sud, une de nos rencontre nous a proposé de laisser nos vélos chez un de ses parents dans la banlieue de Santiago pendant que nous serons sur l'île de Pâques et en visite dans la capitale. Cette opportunité nous enlève deux gros problèmes, la circulation avec deux bicyclettes dans cette ville gigantesque et gardiennage de celle-ci pendant notre déplacement. De plus nos bienfaiteurs nous ont invité a mangé, à nous laver et nous ont transporté jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche. A notre retour nous sommes également invité à manger. Depuis quelques jours les gens sont si curieux et si intrigué par notre voyage que nous sommes souvent obligés de couper court aux conversations car nous n'avancerions pas beaucoup. Une chose revient toujours mise à part notre voyage, c'est quelle vision nous avons nous français du Chili actuellement.

Nous avons passé une journée très agréable à Santiago dans cette ville tentaculaire entourée de montagne où nous avons pu visiter plusieurs monuments dont le palais de la Monéda tristement connu après le coup d'état de Pinochet et la mort de Salvator Allende. Nous avons aussi logé dans un tout petit quartier de style anglais, au rue pavé, un vrai havre de paix en plein centre de la capitale. Après des semaines de tranquillité nous avons du mal à nous faire à ces rues très animées et à cette foule très dense.


Et la très mauvaise nouvelle, c'est la remorque qui est entrain de nous lâcher.

Sous l'effet conjugé de la chaleur et du froid, le carénage se déforme et s'affaisse venant se caler sur la bande de roulement du pneu se qui empêche la roue de tourner. La solution provisoire que nous avons trouvé est de monter un de nos pneus de rechange qui est plus petit donc moins haut. Ce changement à pour effet d'éviter le frottement, mais on perd dans la stabilité de la remorque. Bien sûr cette solution ne peut être que très provisoire. Nous avons contacté le fournisseur qui a réagit très vite et qui va faire le nécessaire auprès du fabricant pour trouver une solution avant la venue de notre fille Maurine le 20 décembre au Pérou. Espérons que d'ici là nous n'aurons pas d'autre souci majeur avec notre remorque.

Notre prochain message sera à notre retour de l'île de Pâques.


mercredi 7 novembre 2007

SUR LA ROUTE VERS SANTIAGO

Enfin nous roulons sous la chaleur !

En effet en 3 jours nous sommes passés de 10° pluvieux à 38° sous le soleil. Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, nous avons depuis Temuco un fort vent arrière qui nous permet de faire plus de kilomètre sans trop se fatiguer. Nous évoluons constamment dans des paysages superbes. Du coté gauche de la route nous suivons la Sierra côtière, que nous goûtons quelques fois en montant des côtes jusqu'à 12%, du coté droit à une cinquantaine de kilomètre la Cordillère avec ses volcans enneigés qui maintenant culminent au delà de 3000 m. Nous traversons des zones boisées de pin d'Oregon, d'eucalyptus (mais nous ne sommes pas en Australie), de genet et de multiples fleurs aux senteurs enivrantes. Dans ces régions l'eau est partout, nous passons des dizaines de Rio par jour grossis par la fonte des neiges. En arrivant à Chillian, nous avons vu les premières vignes et commencé à goûter le vin Chilien (celui ci ne nous laissera pas un grand souvenir). Cela fait bizarre de passer le l'été au printemps, car plus nous remontons vers le nord plus le printemps est présent avec ses premiers fruits et notamment des fraises et des cerises.

Dans ces conditions, le moral et le physique sont à la hausse.

Un internaute nous a posé la question du logement, depuis le départ vu les conditions climatiques nous logeons quasi exclusivement chez l'habitant (hospédajé). Ces logements sont d'un prix modiques environ 12 euros et cela permet un contact au plus près de la population. Bien sûr à chaque fois il faut raconter notre histoire et faire des comparatifs entre les deux pays mais c'est très enrichissant et permet de bien comprendre le fonctionnement des Chiliens les plus modestes.

Nous avons remarqué que dans les grandes villes les Chiliens sont très pragmatique, il y a une rue avec tous les marchants de lunettes, de vélos, de pièces automobiles etc...ce qui permet de comparer facilement les prix. Il y a aussi d'immenses marchés qui n'ont rien à envier au souk de Marakech où l'on trouve en vrac fruits, légumes, vêtements etc...Malgré des centres villes très Européen la plupart des Chiliens ne font que passer devant les grands magasins car avec un salaire minimum à environ 200 euros, ils ont juste de quoi assurer le minimum. Les institutions catholiques sont très présentes et notamment les églises Évangéliques qui fleurissent à tous les coins de rue, comme quoi le marché de la religion dans ces pays, est un bon créneau. Nous voyons constamment comment les multinationales savent s'adapter aux marchés exemple avec Coca Cola qui après la bière est la boisson nationale. Il est plus difficile et plus cher d'acheter un litre d'eau qu'un Coca Cola vendu tous les 10 mètres dans les rues et dans tous les restaurants.

Notre prochain rendez vous est la capital Santiago du Chili à 380 kms de Chillian.


Merci aux expéditeurs des nombreux messages de soutien que nous avons reçu.



samedi 3 novembre 2007

AU CHILI

Nos 2 jours à Valdivia nous ont permis de nous familiariser avec les coutumes Chilienne, cette ville située dans un grand delta à 10 kms du Pacifique est une ville universitaire et très touristique en été. Les Chiliens mangent à peu près tout se qui sort de la mer (voir photos), le poisson est la nourriture au Chili sont encore moins cher qu'en Argentine, en effet nous pouvons manger copieusement (mais pas diététique) dans des petits «restaurant locaux» pour 2 à 3 euros par personnes. Sur les marchés le saumon frais vaut de 2 à 3 euros le kg, le boeuf, les morceaux les moins nobles sont à moins d'un euros et les meilleurs sont à 3 euros le kg, le poulet 2 euros le kg, les fruits et les légumes les plus courant valent de 30 cts à 1 euros. Les Chiliens mangent toute la journée et ont la tradition ici du Once qui ne se prend pas à 11h comme pourrait l'indiquer sont nom mais à 17h, grosse collation pour attendre le repas à 21h. Nous sommes bien accueilli partout mais s'est un peu moins chaleureux et plus réservé qu'en Argentine, on sent bien peser 30 ans de dictature...Dans les villes la misère et la délinquance sont bien présentes et plus voyante qu'en Argentine. Les routes sont beaucoup moins dangereuse qu'en Argentine avec un plus grand respect du code de la route. Nous continuons notre remonté vers Santiago du Chili le moral et le physique vont un peu mieux malgré une étape de 95 kms sous une pluie battante et 2 autres sous un ciel avec des éclaircies et une température qui a remonté à 25°.

mercredi 31 octobre 2007

DE L'ARGENTINE AU CHILI

Le mauvais temps à Villa la Angostura a duré 2 jours, neige et pluie mélangée avec de forte rafale de vent. Le 3ème jours l'éclaircie annoncée est au rendez-vous. C'est sous une température de 7° que nous avons entamé notre parcours pour nous rendre au Chili et plus précisément au Termas de Puyhue à 80 kms de notre départ. Dès le départ nous avons monté un premier col de 12 kms à 4% à 1100 m d'altitude, et redescendu à moins de 6OOm pour rejoindre le poste de douane Argentin. Vu notre moyen de locomotion, nous avons passé plus de temps avec les douaniers à parler du Che et de notre voyage que des formalitées de douane. Chose assez incroyable, le poste de douane Chilien se trouve à 41 kms, de l'autre coté de la montagne, du poste de douane Argentin. Ce qui pour nous, représentait plus de 3 heures de vélo donc pendant ce temps, nous n'étions ni en Argentine ni au Chili ni en France. Nous avons attaqué le Paso Samoré qui culmine à 1337m, col de 17 kms avec des passages à plus de 10% dans un froid polaire entre 2 murs de neige. Nous avons encore eu droit à des paysages incroyablement beau avec un ciel très bleu coté Argentin. Après le passage du col, les choses se sont un peu compliquées vu le froid beaucoup plus important que coté Argentin (lac gelé et recouvert de neige) au terme d'une descende d'une dizaine de kilomètre et après avoir monté des côtes très difficiles (12%) nous sommes arrivés au poste de frontière Chilien. Depuis le passage du col nous avons trouvé une végétation plus dense et plus exotique que coté Argentin (fougères géantes, bambous etc). Après la formalité d'usage et une fouille légère de nos bagages pour voir si nous n'avions pas de nourriture, les douaniers ont là aussi, entamé une longue conversation sur les couleurs du drapeau Chilien emprunté à la France, sur le Che et sur notre voyage. Nous sommes repartis fatigués, frigorifiés avec le vent de face, avec l'espoir d'arriver au Termas de Puyhue à 25 kms de là, seul endroit où nous pourrions loger pour la nuit car nous n'avions ni nourriture pour camper (interdit à la frontière) ni argent Chilien de toute façon aucune possibilité de logement ne s'est offerte à nous avant. Nous étions à peu près sûr que cet établissement thermal accepterai soit des dollars soit la carte bleu. Les 10 derniers kilomètres ont été horrible tant sur le plan physique que moral. En effet une succession de côtes de 1km entre 10 et 12% ont fini d'achever nos dernières forces avec une pluie glaciale qui commençait à tomber. Nous étions en perdition totale quand enfin nous avons aperçu les thermes de Puyhue. Cet établissement a été construit par les allemands, très présent dans la région, dans les années 20 avec une architecture très germanique. Devant le prix prohibitif des chambres, Jean-Michel a été obligé de négocier une ristourne de 50% avec accès aux piscines d'eau chaude en prime. Nous avons pleinement profité des piscines d'eau chaude après 8h d'efforts dans des conditions très difficile. Le lendemain au programme 80 kms pour arriver à Osorno.

C'est sous un ciel bas et du crachin que nous sommes partis avec premier objectif de la journée, atteindre Entre Lagos pour trouver des pesos Chilien. Dès les premiers kilomètres, nous avons payé comptant notre longue baignade dans les sources d'eau chaude, en effet nous avions les muscles durcis par l'eau et meurtris par nos efforts de la veille. Après avoir sur une dizaine de kilomètres remonté des côtes difficiles nous nous sommes retrouvés le long du lac avec de la polyculture dans une zone qui pourrait ressembler à notre Périgord. Arrivé à Entre Lagos, la seule banque du village n'accepte pas les cartes visas. Heureusement, nous avons engagé la conversation avec un autochtone qui a accepté de nous échanger des pesos Chilien contre des dollars que nous avons en réserve. Nous avons trouvé une petite gargouille pour se désaltérer et manger quelques Empenadas. La pluie s'est mise à tomber violemment comme notre moral et notre physique sont bien entamés nous avons décidé de dormir sur place puis du fait d'un éclairci nous sommes repartis pour rejoindre Osorno à 50kms de là. Les 50 derniers kilomètres ont été très difficile avec un vent de face violent et des giboulées toutes les demi heures et une température de 10°.

Au départ d'Osorno, c'est avec le moral bas et nos 650 muscles douloureux que nous entamons une fois de plus vent de face l'étape qui nous conduira à Valdivia. Le seul réconfort de la journée viendra d'un petit restaurant en planche au bord de la route qui nous a servi du pain fait maison cuit sous la cendre et la spécialité du Chili la Cazuela (grossse assiette soupe avec de la viande, du riz des petits pois qui se rapproche de notre pot au feu). C'est complètement exténué, à la dérive et au courage que nous avons rejoint Valvidia. Nous avons décidé de rester 2 jours dans cette ville près du Pacifique pour essayer de nous refaire le physique et le moral car l'épreuve de la Cordillère aura été bien difficile. Vivement que l'on retrouve un temps plus clément et des températures plus positives.

jeudi 25 octobre 2007

3ème RENDEZ VOUS

L'étape de 51 kms qui nous menait à Neuquen fut la pire depuis le début de notre voyage. Malgrè un grand soleil et un vent arrière, nous avons été confronté en pleine ceuillette des pommes à une circulation infernale et très dangereuse sur une route étroite où aucune règle de circulation n'est respectée. Durant ce trajet, Laure a été victime d'une chute sans gravité, écorchure au genou, et pour ne pas prendre trop de risque, nous avons fini le parcours en roulant sur un chemin parallèle à la route.

La ville de Neuquen ne nous plaisant vraiment pas, très Europénne, beaucoup de monde, de la délinquance au dire de notre logeuse, nous avons décidé, après avoir vu le mach de Rugby au milieu de suporters Argentins dans une ambiance très animée, de ne pas s'arrêter dans cette ville. Après un passage à l'officina de Tourismo, où une jeune femme nous a conseillé de prendre, pour se rendre au Chili, la route des 7 lagos plus difficile avec 5O kms de piste et plusieurs cols mais beaucoup plus belle.

Pour en finir avec la Pampa Patagonniène, nous avons suivit une route sur près de 300 kms qui montait régulièrement entre 1 et 2 % pour nous retrouver à St Junin de Los Andes altitude 800 mètres au coeur du parc du Lanin, où nous avons pris un jour de repos pour visiter le volcan du même nom qui culmine à 3747m. Région d'une extraordinaire beauté avec ses sommets dénudés et enneigés, ses forêts de pins de cèdres et d' Araucarias baptisé désespoir des singes (arbre endémique à la Patagonie, résineux dont les branches sont recouvertes d'un réseau de feuilles denses durs et pointus en forme d'écaille qui rend sont ascension impossible) conifère produisant des pignons qui étaient le régime de base de l'alimentation des indiens Mapuches. Au pied de ces montagnes d'immenses lacs royaume des pêcheurs de Truchas (truites), des oiseaux de ces régions et où aiment se retrouver les Argentins pour le pique nique dominical. Pour accéder à ces lacs souvent plusieurs dizaines de kilomètres de piste sont necéssaire. Ce dimanche 21 octobre était El dia de la madre (fète des mère) en Argentine, Laure s'est vu offrir de multiples petits cadeaux (fleur, bonbon, chocolat) notre logeur un grand spécialiste de la pèche à la truite nous a fait goûter la grande spécialitée du pays le Ciervo séché (viande de cerf séché). Cet homme d'une gentillesse et d'une attention extrème avait déjà logé il y a deux ans un Bolivien qui en moto avait refait comme nous le parcours du Che. Pour en finir avec l'Argentine, il nous restait une dernière étape de 180 kms à travers la région des lacs pour nous rendre à Villa Angostura à 30 kms de la frontière Chiliènne au bord du lago Nahuel Huapi. Etape à la vue du profil que nous avions décidé d'effectuer en 3 jours en faisant du camping sauvage. Bien reposé et motivé nous avons effectué 95 kms dans des paysages majestueux dont la beauté est à peine descriptible et qui change continuellement au fil des kilomètres. Ce jour là nous aurions pu prendre des centaines de photos mais aucunes n'auraient pu reproduire au centième la grandeur de ces lieux. Que dire de St Martin de los Andes, petite bourgade impeccable servant de point de départ pour les stations de ski de cette région coincée au bord d'un immense lac aux eaux translucides (Lago Lacar), au pied du Cierro de Chapalco. Ville ou nous avions décidé de faire étape, mais n'étant pas trop fatigué au bout de 65 kms, nous avons continué, après s'être ravitaillé, en attaquant le col du Cierro de Chapalco 1180 m, col de 17 kms, avec un dénivellé moyen de 6% avec des passages à 10% avec nos petits braquets et notre chargement 1h30 ont été nécessaire pour le gravir sous une chaleur avoisinant les 35°. Après une petite collation nous avons continué notre chemin sur le plateau pendant une vingtaine de kilomètres où la végétation est complètement différente de la vallée ou nous arrivions puisque les sommets n'étaient plus dénudés mais recouvert d'arbres. Bilan de la journée une centaine de kilomètres effectués en montagne. Nous installons notre campement à la limite du Parc Nahuel Huapi dans un petit bois au milieu de vaches et de chevaux en totale libertés. Après un réveil matinal à 6h avec une température de 4°, nous avons pu voir la rougeur du soleil levant illuminé les montagnes avoisinantes. Le moral étant bon, nous avons décidé de faire les 80 kilomètres restant dont 50 de piste dans la journée. Nous avons pris notre petit déjeuner quelques kilomètres plus loin au bord d'un lac en partie gelé. Nous avons attaqué la piste en terre par 8 kms de descente pour se retrouver à moins de 8OO m toujours dans des paysages somptueux. Ensuite un col nous attendait de 12 kms toujours en terre avec un pourcentage moyen de 6° et des passage à 15°, toute notre roue libre a été utilisée (24x32 pour les spécialistes) à certain moment notre vitesse ne dépassait pas les 4kms/h. Le reste de la piste n'était qu'une succéssion le long des lacs de montagne de montée et de descente de 5 à 600 m chacune dont le pourcentage maximun atteind (compteur faisant foi) a été de 24% combien avons nous monté de ces petites côtes 20,30,40...Sur la piste, nous avons trouvé un seul petit bar tenu par des indiens pour nous ravitailler en eau où nous avons rencontré 3 couples d'Argentins à la retraite qui nous ont invité pour finir notre périple à Rosario la patrie de naissance du Che. Au sortir de cet endroit, avec une température avoisinant les 27° avec un ciel d'un bleu très pur nous avons vu s'ammonceler les nuages et la pluie une heure plus tard commencait à tomber, et nous avons fini la dernière heure sous des trombes d'eau mélées de neige et une température qui était tombée à 7°. Notre journée de vélo à duré 9h pour effectuer 80kms. Le moral et le physique ne sont pas entamés, prochain objectif dès que la tempète sera passée le Chili.


Comment vivons-nous

Avec une consommation de plus de 3000 calories par jour testée sur Laure, nos journées se décomposent ainsi, petit déjeuner Argentin Café con léche y dos médias lunas (café au lait et 2 petits croissants) après 2 heures de vélo une première pause de 20mn avec collation (gateaux, fruits secs) après une 1 heures 30 de vélos collation du midi jambon blanc, fromage, chocolat, pain pause de 40mn ensuite toutes les heures une pause de 10 mn. A l'arrivée de l'étape entre 14H et 16H suivant les jours, patisserie et boissons. Et le soir vers 8H30 9H (les restaurants n'ouvrant pas avant) diner à base de viande qui ici ne vaut pas grand chose.

Pour exemple un bif de chorizo (faux filet de boeuf ) de 5/600 gr de 3 cm d'épais avec frites et un oeuf coute moins de 4 euros. La spécialitée Argentine La Parilla (petit barbecue personnel) avec saucisses, boudins, boeuf, agneau coute le même prix.

Après 14OO kms de vélo faire de 7 à 9 heures de vélo par jour ne nous pose aucun problème.


Matériel

Notre matériel souffre beaucoup, si pour les vélos nous n'avons pas de gros problème a part une usure prématurée des patins de frein et quelque problème dans les étriers de freins, se n'est pas la même chose pour notre remorque qui ne tiendra jamais 6 mois. Les tringles servant d'arceaux à la fixation du filet se déforment, une à même percée son logement ce qui a pour concéquence, que le pneu frotte contre le carénage et s'use prématurément sur les flancs. Une réparation de fortune a été faite. L'attache qui relie la remorque au vélo n'étant pas assez rigide, cela donne du roulie à la remorque ce qui à pour conséquence que l'on ne peut pas dépasser un certain poid loin de préconisation du vendeur, un mail va être adressé au vendeur.


Vi en Argentin

Quelques repaires :

Essence autour de 50cts d'euros

La viande de boeuf autour de 4 euros le kg

Pas beaucoup de légumes et de fruits généralement assez cher pour le pays.

Une chambre chez l'habitant coûte entre 10 et 15 euros avec le petit déjeuner

Camping 4 euros environ

Un repas au restaurtant de 3 à 5 euros

Petit déjeuner 2 euros environ

Salaire minimum conseillé 200 euros mais rarement respecté dans les couches les plus défavorisées de la population.

L'école soit le matin soit l'après midi suivant les villes

Au dire des Argentins que nous rencontrons, qui ne sont pas les plus favorisés depuis la crise économique la vie est difficile en Argentine et les prix ont tendance à flamber

vendredi 19 octobre 2007

2ème RENDEZ-VOUS

La bronchite de Laure s'étant agravée, avec un temps à la pluie, nous avons décidé de ne pas faire de vélo et d'attendre sa guérison. Pour ne pas prendre trop de retard sur notre programme nous prenons un bus sur une centaine de kilomètre. Expérience très enrichissante car cela nous a permis de comprendre le fonctionnement des transports à travers le pays. Pour faire notre trajet nous avons mis plus de 5 heures car le bus va chercher tous les villages de droite et de gauche de la route nationale certains se trouvant à plus de 40 kms.

Nous nous sommes retrouvés au pied de la SIERRA VENTANA dans une charmante bourgade du même nom, lieu de villégiature de la bourgeoisie de BAHIA BLANCA. Ce week-end était fête en Argentine pour célèbrer l'arrivée du primtemps. Nous avons eu d'énorme difficultée pour trouver un logement (pas question de dormir sous la tente avec une bronchite) nous avons atterri dans un camping qui nous a loué une petite cabane.
Le lendemain, il y avait une importante course de VTT à travers la sierra avec 150 participants. Jean-Michel mourrait d'envie d'y participer mais c'était trop de risque si loin du but pour le vélo. La veille au soir, beaucoup de cycliste nous avaient repéré, certains ont dormi avec nous au camping, ce qui a fait de nous l'attraction du moment (pour nous porter chance nous avons reçu une médaille de la sainte patrone de l'Argentine Virgen de Lujan).
Durant cette journée de printemps, sous le soleil, nous avons retrouvé les mêmes couleurs et les mêmes senteurs que nos mois d'avril (spirées, lilas, tulipes etc) le long de la rivière, nous avons eu la chance de voir des dizaines de Perruche de Patagonie (voir photos) qui creusent leurs nids dans les parois, ainsi que d'innombrables petits oiseaux de forêt.

Notre choix a été payant puisque Laure va mieux et nous avons pu reprendre notre périple sous les encouragements des campeurs qui étaient venu nous dire au revoir. Nous avons pu effectuer, grâce en partie au vent arrière très fort plus de 300 kms en 3 jours. Avec une étape de près de 130 kms avec parfois un vent de coté qui nous faisait rouler penché. Au sortir de la Sierra Ventana nous avons attaqué de nouveau la Pampa. Cette fois, se sont des prairies moins marécageuses et un refief plus sec composé de petits arbustes rabougris. La faune elle aussi a changé, beaucoup d'oiseaux granivores ainsi que des Nandous (vague cousin de l'autruche).

Une frénésie de pédaler s'est emparé de nous, puisque demain nous serons à notre 6ème jours de vélo consécutif, certainement que nous avions envie de sortir des routes rectilignes et monotones de la Pampa (la ligne droite avant Choele Choel faisait 100 kms). Après une nuit passée dans des conditions épiques à Cheforo, il ne manquait que le banjo (référence au film Délivrance) nous avons repris la route au bout d'un kilomètre, notre vrai première grosse difficultée nous attendait, une côte de 16 kms soit 1h15 de vélo (car bien-sur notre chargement dépasse de 9 kg nos prévisions). Nous nous sommes retrouvés sur un immense plateau avant de redescendre dans des vallées verdoyantes entièrement consacrées à l'arboriculture. Impossible de planter un piquet de tente, tous les terrains sont privés, cloturés et cerrado (fermés). La misère aussi est beaucoup plus présente. Notre seul regret, ne pas apercevoir la Cordillière car malgré les 27 degrés et le grand soleil dans la vallée, une barrière de brume au loin nous empêche de voir les montagnes.
Bilan de la journée, 8 heures de vélo (avec le arrêts) et 110 kms effectués. Vendredi petite étape pour finir d'arriver à Neuquen, au pied de la Cordilliére, où nous marquerons un jour de repos pour visiter les alentours.

vendredi 12 octobre 2007

1er RENDEZ-VOUS

Après 47 heures de voyage entre la maison et l'hôtel à CANUELAS se fut long très long. D'autant que l'on a vu à Madrid le vélo de Laure chuter de la passerelle de déchargement de bagages, rebondir sur un tracteur et finir sa chute 3 m plus bas sur le tarmac. Le soir même, nous avons vite déballé les vélos pour faire le bilan des dégâts. Pour Fuser (vélo de Laure) porte-bagage tordu, les 2 roues voilées, et manque un bouchon d'embout de guidon. Pour Mial (vélo de Jean Michel) porte sacoche, câble et gaine de frein endommagés, les 2 roues voilées, un choc au cadre. Rien qui ne puisse être réparé rapidement à «la tienda de bici» locale (voir photo). Et c'est sous un ciel en berne que nous avons pris le départ à 13h10 le 9 octobre avec une forte pensée pour celui qui s'en le savoir nous a emmené 40 ans après sa mort sur les routes de son voyage initiatique à travers cette Amérique qu'il aimait tant. Hasta siempre Commandante.

La première étape a été effectuée sous des pluies torrentielles mais nos équipements nous ont permis de bien passer l'étape. Tout au long de ces 3 jours, nous avons traversé d'immenses plaines marécageuses qui sont un régal pour nos yeux avertis d'ornithologue amateur. Nous avons assisté à la migration d'immenses vols d'Ibis noir qui gagnent leurs sites de nidification. On aurait pu se croire dans le Sud Ouest lors du passage des palombes. Nous avons été accompagné tout au long de ces étapes par le coassement assourdissant de millions de grenouilles qui paient un lourd tribu en essayant de traverser la route, et des centaines de milliers de tête de bétail qui nous rappelle que nous sommes en Argentine. A la pluie, a succédé le vent de face, sur d'interminable ligne droite qui peuvent faire jusqu'à 25 kms, d'une force que l'on a pas l'habitude d'affronter sur les routes de Dordogne. 4 heures de bataille pour effectuer 51 kms. Il faut que nous soyons vigilant à l'organisation car nous pouvons rester 4-5 heures sans voir le moindre village d'où l'importance d'avoir en permanence du ravitaillement.

Partout nous sommes bien accueillis car 2 voyageurs Français à vélo avec un drapeau du Che ça intrigue et interpelle...Nous avons donc droit en permanence à des petits cadeaux, des ristournes sur les prix, des encouragements, des gestes amicaux et le rappel qu'Ernesto Guevara était Argentin.

Laure a contracté une bronchite le jour de notre départ, qu'elle a bien du mal a faire passer vu les conditions climatiques que nous rencontrons depuis le départ (de 12 à 18°).

D'ici 2 jours nous devions nous trouver dans la Sierra Ventana et affronter les premières difficultées.

Hasta luego mis amigos.

dimanche 7 octobre 2007

C'EST LE DEPART

Après un départ fictif très réussit, le dimanche 30 septembre. Nous vous adressons notre dernier message depuis la france. En effet à cette minute nous bouclons nos valises. Prochain message à Buenos Aires. Deux choses gachent un peu l'excitation du départ, laisser notre fille pour 3 mois et nos vélos, arriveront ils???
Hasta luego...

mardi 4 septembre 2007

REPAS DE SOUTIEN

Le 5 août s'est déroulé notre repas de soutien, véritable point de départ de notre voyage.
Enfin notre projet prenait forme et devenait une réalité.
Cent vingt personnes avaient répondu présentes à cette journée réussit sur toute la ligne, temps superbe, ambiance conviviale et bonne musique. Une de ces journées qui vous donne de la force, après des semaines entièrement consacrées à la préparation du projet ou période de doute, d'hésitation, de certitude, d'optimisme se sont succédées, des semaines d'entraînements souvent sous le mauvais temps de cet été "pourri" que l'on vient de passé.
Merci à tous pour cette journée dont le souvenir dans les moments de galère nous donnera la force de continuer.