L'étape de 51 kms qui nous menait à Neuquen fut la pire depuis le début de notre voyage. Malgrè un grand soleil et un vent arrière, nous avons été confronté en pleine ceuillette des pommes à une circulation infernale et très dangereuse sur une route étroite où aucune règle de circulation n'est respectée. Durant ce trajet, Laure a été victime d'une chute sans gravité, écorchure au genou, et pour ne pas prendre trop de risque, nous avons fini le parcours en roulant sur un chemin parallèle à la route.
La ville de Neuquen ne nous plaisant vraiment pas, très Europénne, beaucoup de monde, de la délinquance au dire de notre logeuse, nous avons décidé, après avoir vu le mach de Rugby au milieu de suporters Argentins dans une ambiance très animée, de ne pas s'arrêter dans cette ville. Après un passage à l'officina de Tourismo, où une jeune femme nous a conseillé de prendre, pour se rendre au Chili, la route des 7 lagos plus difficile avec 5O kms de piste et plusieurs cols mais beaucoup plus belle.
Pour en finir avec la Pampa Patagonniène, nous avons suivit une route sur près de 300 kms qui montait régulièrement entre 1 et 2 % pour nous retrouver à St Junin de Los Andes altitude 800 mètres au coeur du parc du Lanin, où nous avons pris un jour de repos pour visiter le volcan du même nom qui culmine à 3747m. Région d'une extraordinaire beauté avec ses sommets dénudés et enneigés, ses forêts de pins de cèdres et d' Araucarias baptisé désespoir des singes (arbre endémique à la Patagonie, résineux dont les branches sont recouvertes d'un réseau de feuilles denses durs et pointus en forme d'écaille qui rend sont ascension impossible) conifère produisant des pignons qui étaient le régime de base de l'alimentation des indiens Mapuches. Au pied de ces montagnes d'immenses lacs royaume des pêcheurs de Truchas (truites), des oiseaux de ces régions et où aiment se retrouver les Argentins pour le pique nique dominical. Pour accéder à ces lacs souvent plusieurs dizaines de kilomètres de piste sont necéssaire. Ce dimanche 21 octobre était El dia de la madre (fète des mère) en Argentine, Laure s'est vu offrir de multiples petits cadeaux (fleur, bonbon, chocolat) notre logeur un grand spécialiste de la pèche à la truite nous a fait goûter la grande spécialitée du pays le Ciervo séché (viande de cerf séché). Cet homme d'une gentillesse et d'une attention extrème avait déjà logé il y a deux ans un Bolivien qui en moto avait refait comme nous le parcours du Che. Pour en finir avec l'Argentine, il nous restait une dernière étape de 180 kms à travers la région des lacs pour nous rendre à Villa Angostura à 30 kms de la frontière Chiliènne au bord du lago Nahuel Huapi. Etape à la vue du profil que nous avions décidé d'effectuer en 3 jours en faisant du camping sauvage. Bien reposé et motivé nous avons effectué 95 kms dans des paysages majestueux dont la beauté est à peine descriptible et qui change continuellement au fil des kilomètres. Ce jour là nous aurions pu prendre des centaines de photos mais aucunes n'auraient pu reproduire au centième la grandeur de ces lieux. Que dire de St Martin de los Andes, petite bourgade impeccable servant de point de départ pour les stations de ski de cette région coincée au bord d'un immense lac aux eaux translucides (Lago Lacar), au pied du Cierro de Chapalco. Ville ou nous avions décidé de faire étape, mais n'étant pas trop fatigué au bout de 65 kms, nous avons continué, après s'être ravitaillé, en attaquant le col du Cierro de Chapalco 1180 m, col de 17 kms, avec un dénivellé moyen de 6% avec des passages à 10% avec nos petits braquets et notre chargement 1h30 ont été nécessaire pour le gravir sous une chaleur avoisinant les 35°. Après une petite collation nous avons continué notre chemin sur le plateau pendant une vingtaine de kilomètres où la végétation est complètement différente de la vallée ou nous arrivions puisque les sommets n'étaient plus dénudés mais recouvert d'arbres. Bilan de la journée une centaine de kilomètres effectués en montagne. Nous installons notre campement à la limite du Parc Nahuel Huapi dans un petit bois au milieu de vaches et de chevaux en totale libertés. Après un réveil matinal à 6h avec une température de 4°, nous avons pu voir la rougeur du soleil levant illuminé les montagnes avoisinantes. Le moral étant bon, nous avons décidé de faire les 80 kilomètres restant dont 50 de piste dans la journée. Nous avons pris notre petit déjeuner quelques kilomètres plus loin au bord d'un lac en partie gelé. Nous avons attaqué la piste en terre par 8 kms de descente pour se retrouver à moins de 8OO m toujours dans des paysages somptueux. Ensuite un col nous attendait de 12 kms toujours en terre avec un pourcentage moyen de 6° et des passage à 15°, toute notre roue libre a été utilisée (24x32 pour les spécialistes) à certain moment notre vitesse ne dépassait pas les 4kms/h. Le reste de la piste n'était qu'une succéssion le long des lacs de montagne de montée et de descente de 5 à 600 m chacune dont le pourcentage maximun atteind (compteur faisant foi) a été de 24% combien avons nous monté de ces petites côtes 20,30,40...Sur la piste, nous avons trouvé un seul petit bar tenu par des indiens pour nous ravitailler en eau où nous avons rencontré 3 couples d'Argentins à la retraite qui nous ont invité pour finir notre périple à Rosario la patrie de naissance du Che. Au sortir de cet endroit, avec une température avoisinant les 27° avec un ciel d'un bleu très pur nous avons vu s'ammonceler les nuages et la pluie une heure plus tard commencait à tomber, et nous avons fini la dernière heure sous des trombes d'eau mélées de neige et une température qui était tombée à 7°. Notre journée de vélo à duré 9h pour effectuer 80kms. Le moral et le physique ne sont pas entamés, prochain objectif dès que la tempète sera passée le Chili.
Comment vivons-nous
Avec une consommation de plus de 3000 calories par jour testée sur Laure, nos journées se décomposent ainsi, petit déjeuner Argentin Café con léche y dos médias lunas (café au lait et 2 petits croissants) après 2 heures de vélo une première pause de 20mn avec collation (gateaux, fruits secs) après une 1 heures 30 de vélos collation du midi jambon blanc, fromage, chocolat, pain pause de 40mn ensuite toutes les heures une pause de 10 mn. A l'arrivée de l'étape entre 14H et 16H suivant les jours, patisserie et boissons. Et le soir vers 8H30 9H (les restaurants n'ouvrant pas avant) diner à base de viande qui ici ne vaut pas grand chose.
Pour exemple un bif de chorizo (faux filet de boeuf ) de 5/600 gr de 3 cm d'épais avec frites et un oeuf coute moins de 4 euros. La spécialitée Argentine La Parilla (petit barbecue personnel) avec saucisses, boudins, boeuf, agneau coute le même prix.
Après 14OO kms de vélo faire de 7 à 9 heures de vélo par jour ne nous pose aucun problème.
Matériel
Notre matériel souffre beaucoup, si pour les vélos nous n'avons pas de gros problème a part une usure prématurée des patins de frein et quelque problème dans les étriers de freins, se n'est pas la même chose pour notre remorque qui ne tiendra jamais 6 mois. Les tringles servant d'arceaux à la fixation du filet se déforment, une à même percée son logement ce qui a pour concéquence, que le pneu frotte contre le carénage et s'use prématurément sur les flancs. Une réparation de fortune a été faite. L'attache qui relie la remorque au vélo n'étant pas assez rigide, cela donne du roulie à la remorque ce qui à pour conséquence que l'on ne peut pas dépasser un certain poid loin de préconisation du vendeur, un mail va être adressé au vendeur.
Vi en Argentin
Quelques repaires :
Essence autour de 50cts d'euros
La viande de boeuf autour de 4 euros le kg
Pas beaucoup de légumes et de fruits généralement assez cher pour le pays.
Une chambre chez l'habitant coûte entre 10 et 15 euros avec le petit déjeuner
Camping 4 euros environ
Un repas au restaurtant de 3 à 5 euros
Petit déjeuner 2 euros environ
Salaire minimum conseillé 200 euros mais rarement respecté dans les couches les plus défavorisées de la population.
L'école soit le matin soit l'après midi suivant les villes
Au dire des Argentins que nous rencontrons, qui ne sont pas les plus favorisés depuis la crise économique la vie est difficile en Argentine et les prix ont tendance à flamber