mardi 18 mars 2008

LA FIN D´UN BEAU RÊVE

Dans quelques heures nous allons regagner la France. L´opportunité d´un départ de Rosario s´est offerte à nous. Nous trouvons que c´est une bonne fin pour notre périple de quitter l´Argentine de Rosario. Ces quelques jours d´avance vont nous permettre de nous reposer de toute la fatigue accumulée et de profiter de notre fille.
Avant de tirer un bilan de ce voyage, nous voulions vous parler de ces 5 jours à Rosario et de l´accueil que nous avons reçu de nos hôtes et de la ville de naissance du CHE. En effet, après avoir salué le Maire, c´est pas moins de 4 télévisions, 3 radios et 4 titres de presse écrite à qui nous avons donné des interviews. Un grand merci à Amanda et à Juan Carlos ainsi que Paulina, Daniel, Olga, Daddi, Nives et tous les autres qui nous ont permis de mettre un terme à notre voyage dans la bonne humeur et dans la ville du CHE, nous ne pouvions rêver meilleurs fin.
Nous sommes au bout d´une aventure humaine et sportive de plus de 8000 kms. Que de chemins parcourus, de rencontres, de petits bouts de vie, de sueurs, de souffrances mais aussi beaucoup de joie de plaisir, tout simplement de liberté. C´est vraiment être libre que de choisir tous les jours comment employer sa journée.
Ce voyage nous a permis de mieux comprendre, connaitre cette Amérique que CHE GUEVARA aimait tant et de réviser nos préjugés et nos croyances sur ce continent. Nous pensons aussi avoir compris la vision qu´ont les Sud Américains de notre vieille Europe.
Cette Amérique qui se libère, évolue, se transforme, se globalise petit à petit, ne va t-elle pas y perdre son âme et les laisser pour compte vont-ils y trouver une place...Quelles orientations vont prendre les nombreux gouvernements de gauche qui arrivent au pouvoir petit à petit souvent après des années de dictatures et de pression des Etats Unis ? Dans moins de 10 ans nous aurons la réponse.

Quelles joies pour nous d´avoir essayé de vous faire partager par de petits messages et nos photos cette aventure, avec nos forces, nos faiblesses, nos états d´âmes mais toujours avec sincérité. Il y a tant de choses que nous n´avons pas pu vous dire, mais cela fera l´objet d´un livre. Quand nous repensons à tout ces kilomètres à travers déserts, montagnes, régions tropicales, inhospitalières, nous nous disons que sans les échanges, les soutiens que nous avons reçu pendant ce voyage nous n´y serions certainement pas arrivé. Que de forces dégagées dans vos messages, que d´amitiés, que de rêves...

Mais la plus belle marque d´amour, c´est notre fille qui nous l´a donné en acceptant que nous partions 6 mois et en nous attendant patiemment.

Merci à ERNESTO CHE GUEVARA d´avoir fait 50 ans plus tôt ce voyage et de nous avoir ouvert la voie.

Allez Compagñeros y Compagñeras, hasta luego y hasta la victoria siempre.

mercredi 12 mars 2008

URUGUAY PAYS GAÚCHO

Nous avons passé 5 jours dans ce petit pays d´Amérique du Sud. Nous avons lancé nos dernières forces pour faire 3 grosses étapes dans cette région nord où les villages sont rares. Un relief apaisé et un fort vent arrière nous a porté dans ces paysages tout d´abord plantés sur des milliers d´hectares d´eucalyptus et de pins, puis d´immenses prairies où paissent des milliers de vaches et de moutons. Dans ces grandes prairies émergent de petits Cerros aplatis caractéristiques du nord de l´Uruguay.
Dans ce pays, nous ressentons fortement cette identitée Gaùcho (cow boys sud Américains) où la majorité des hommes ont une tenue composée de bottes en cuir, pantalon bouffant, ceinture, couteau et chapeau à l´Espagnol où béret Basque. Dans notre course, nous avons eu la chance d´assister à la plus grande fête Gaùcho de l´Amérique du sud avec en prime un Rodéo. Spectacle époustouflant où le cavalier doit rester 8 secondes sur un cheval sauvage, l´effort est tellement intense que le Gaùcho peut à peine marcher quand il est arraché du cheval par deux autres cavaliers. Le danger est permanent, durant le Rodéo plusieurs cavaliers sont partis à l´hôpital. A cette fête on se serait crus au Far Ouest, une ambiance très festive avec d´immenses barbecues, une exposition de maisons traditionnelles et des stands de matériels de Cow boys. Une expérience inoubliable au milieu d´une foule de plusieurs milliers de personnes.
Nous sommes maintenant à nouveau à la frontière de l´Argentine, un peu plus de 300 kms nous séparent de Rosario où nous serons Samedi. Nos amis Argentins rencontrés il y a 5 mois dans la région des grands lacs nous préparent une fête pour marquer notre arrivée à Rosario et la fin théorique de notre voyage (car après une semaine à Rosario, il nous restera 250kms pour aller à Buenos Aires).
La semaine prochaine nous avons une série d´entrevue avec la municipalité, le comité d´organisation des festivités pour le 80 ème anniversaire de la naissance de CHE GUEVARA et la visite du musée. Après tout ces honneurs il nous restera environ 10 jours pour regagner et visiter tranquillement la capitale.

vendredi 7 mars 2008

LE SUD DU BRESIL

C´est au moyen d´un bac que nous avons pénétré au Brésil. Cette frontière ne comporte pas de douane seulement un policier qui vous indique dans quelle ville faire valider vos passeports. Pour nous c´était à 200 kms... 4 jours pour y arriver.

Nous avons traversé l´état le plus au sud du Brésil "Rio grande do sul". Cet état qui abrite 15% de la population du pays est très développée avec des gens se sentant très Européens tout en ayant le mode de vie des Argentins.
Les campagnes très vallonnées et agricoles sont plantées à perte de vue de soja ne laissant que peu de place à la nature. Quand la culture du soja n´est pas possible, se sont des élevages de bovins dans d´immenses Estancias qui prennent sa place.
Dans cette région, nous avons pu visiter une Mission Jésuite que certains historiens ont surnommé "L´Utopie des Missions", est-ce une utopie, pour une fois, d´avoir réussi à faire vivre en bonne harmonie deux peuples qui ont partagé leurs cultures, leurs langues et qui ont administré à part égale ces Missions très prospères. Nous dirons que c´était certainement le premier modèle social existant. Malheureusement, 120 ans après leurs créations, les rois d´Espagne et du Portugal se sentant menacé dans leurs pouvoirs ont mis fin dans le sang à cette "utopie".
L´accueil que nous a réservé les Brésiliens a été extraordinaire. Dès que nous nous arrêtions, c´était l´attroupement et les questions fusaient de partout. Invitations, cadeaux, photos, ristournes ont fait parti de notre lot quotidien durant ces 2 semaines, ainsi, nous avons pu partager la vie d´une famille Brésilienne. Toutes ces attentions nous ont fait du bien au moral ainsi que les nombreux messages d´encouragements que vous nous avez envoyé même si cela n´enlève pas la fatigue que nous traînerons jusqu´a la fin.
Avec notre entrée au Brésil, la fin des chaleurs accablantes, une nourriture plus équilibrée et variée que nous consommons dans les "comidas au kilo" (2 à 3 euros le kg) endroit où vous choisissez votre nourriture que vous payez au poids où "les churascarias" (3 à 4 euros) nourriture à volonté à base de viandes rôties au barbecue ainsi que de copieux petit déjeuner avec jus de fruit et de fruit frais, nous ont permis de retrouver un petit peu d´énergie.
Aujourd´hui, nous nous trouvons à une dizaine de jour de l´arrivée à Rosario. Pour traverser l´Uruguay, nous allons devoir faire 3 grosses étapes car il y a très peu de ville et comme nous avons abandonné notre matériel de camping, nous n´avons pas vraiment le choix.
NB : un informatien a réussi à nous récupérer notre logiciel de montage photos, ainsi que tout nos documents.

vendredi 29 février 2008

DES DIFFICULTEES, DES DIFFICULTEES

Nos problèmes en cette fin de périple vont en s´emplifiant. L´alimentation de notre ordinateur vient de tomber en panne sans possibilité de réparation. Nous avions prépare texte et photo mais nous n´avons pu récuperer que les montages photos. A partir d´aujourd hui nous ecrirons les textes directement dans les cybers café sur des claviers espagnols sans accent automatique et avec certain mot impossible à corriger. Pour les photos, impossible de faire des montages, nous en éditerons moins mais en plein format (nous connaissons au moins une personne qui sera contente).

Dans notre texte, nous disions que nos craintes se confirmaient quant à notre physique. En effet, si nous nous sentons en bonne santé, nous n´avons plus de force et chaque difficultée devient une vraie torture. Laure a de plus en plus de mal à récuperer, pour essayer de lui redonner de l´élan, nous avons decidé d´alleger au maximum son vélo en se séparant de la tente, des couchages, gamelles et habits d hivers.

Pour la région des Missions, paysages splendides avec un relief tourmenté ou petit à petit les forêts de pin remplacent à notre grand désespoir les forêts tropicales. A notre grand étonnement beaucoup de plantation de thé dont le vert contraste avec cette terre rouge spécifique à
l´Amérique du Sud.

Nous sommes passés à Caraguatay, lieu ou CHE GUEVARA a vécu ses premières années. Ce lieu étant très retiré, Celia la mère d´ERNESTO est allée accoucher à Rosario. Ses parents et le petit ERNESTO ont vécu ici jusqu´en 1932 avant de démenager à cause de l asthme de leur fils.

Dans la rubrique petit malheur qui nous mine le moral, une réparation de fortune de la remorque dont le carainage s´est désolidarisé du chassis, et le compteur de Jean Michel qui a rendu l´ame. Ce qui nous fait dire qu´au bout de ce long voyage il n´y a pas que nous de fatigué.

NB : encore une fois, toutes nos excuses pour les mots qu´on ne peut corriger et pour ce compte rendu écrit rapidement. Savoir s´adapter fait aussi parti du voyage...

mardi 19 février 2008

UN DES PLUS BEAU ENDROIT DU MONDE

Nous sommes arrivés aux Chutes d'Iguacu, à la jonction de 3 pays, le Brésil, l'Argentine et le Paraguay. Comment décrire ces chutes avec un coté Brésilien et l'autre Argentin, qui ont servi de décors naturel au film Mission, plantées au milieu du parc naturel d'Iguacu. Quelle émotion! de voir ces 200 chutes extraordinaires, époustouflantes, longue de 3 Km qui déversent à la seconde des milliers de litres d'eau dans un grondement assourdissant au milieu d'une nature généreuse. Sur ces cascades étagées dont la plus haute la gorge du diable mesure 72 m qui se jettent les unes dans les autres, on peut voir des vols des grands perroquets, de toucans, trouver les minuscules colibris, tandis que les papillons de toutes les couleurs foisonnent le long de ces rives. Pour nous cet endroit est certainement parmi les plus beaux qui nous a été donné de voir.

Plutôt que de long discours nous vous invitons à aller voir directement les photos sur le blog.


lundi 18 février 2008

UNE PETITE SEMAINE AU PARAGUAY

Quand nous avons abordé le Paraguay nous avions 2 certitudes :

1- que c'était un pays à risque ou il fallait prendre d'énormes précautions quand à notre sécurité,

2- que c'était un pays sans relief avec des routes complètement plates comme dans le Chaco que nous venions de traverser.

En effet, que se soit sur le site du ministère des affaires étrangères où du quand dira-t-on coté Argentin tous s'accordaient pour dire que le Paraguay est un pays dangereux et que les risques d'attaques physique étaient nombreux. Même un commerçant Argentin à la frontière nous a demandé si nous possédions une arme. Fort de ces recommandations, nous avons pris un maximum de précautions pour traverser la frontière. Mais, au lieu de trouver voleurs, bandits et insécurités, nous avons trouvé un pays accueillant, propre, en voie de modernisation avec une population très avenante envers nous.

La capitale Asuncion, très propre, bien organisée avec un fonctionnement proche de nos petites villes de province, qui contraste avec d'autre capitale Sud Américaine, même si l'on trouve quelques immeubles défraichis. Pour avoir traversé en vélo de part en part cette ville nous n'avons pas trouvé de grand bidonville ou de banlieues désœuvrées. certes, c'est un pays au revenu modeste mais avec une population très digne qui mérite à être connu avec une culture, un art et un artisanat indien très riche.

Tout au long de la route, nous avons trouvé de belles maisons et de plus modestes mais toujours pimpantes et bien entretenus. Les bords de route sont tous tondus et ombragés par de grands arbres tropicaux dans lesquels nichent de nombreux oiseaux. La population très attachante, qui parle Espagnol avec un fort accent Brésilien, à chaque halte, nous a accueilli avec beaucoup de gentillesse et d'attention ce qui nous a permis des échanges très enrichissants et de comprendre un peu mieux leur culture et la vision que ces gens avaient de notre pays et de l'Europe en général.

Ce pays n'est pas aussi plat qu'il n'y paraît, au sortir d'Asuncion nous avons traversé «la Cordillièra» petit montagne qui culmine à 400 m recouverte de forêts tropicales avec sa route qui ressemble à nos routes de Dordogne. En effet nous avons enchainé des côtes de 2 à 3 kms qui pouvaient monter jusqu'à 7%. Les autres jours se sont de grandes lignes droites du type montagne Russe qui nous attendait. Ce genre de parcours vous épuise vite d'autant que l'on avait le vent de face. Le dernier jour en se rapprochant du Brésil, la chaleur s'est fait beaucoup plus tropicale, outre les 45° journalier que nous avions, il fallait faire face à la moiteur de l'air. Pour ne pas trop s'épuiser, nous avons limité nos étapes à moins de 100 Km. C'est bien content de notre semaine de vélo que nous sommes arrivés à la frontière Brésilienne où nous allons pouvoir afin prendre du vrai repos. Nous sentons bien aujourd'hui que petit à petit les effets de l'altitude s'estompent et que malgré notre bonne forme physique une fatigue générale commence à s'installer au plus profond de nous.

Pour nous, le Paraguay reste un pays qui mériterait que l'on s'y s'attarde beaucoup plus pour comprendre son fonctionnement et découvrir une nature généreuse et très variée avec ses groupes d'indiens qui vivent de façon traditionnelle dans les endroits les plus reculés du pays. Dans notre long voyage, le Paraguay gardera une place spéciale dans notre esprit. Comme quoi, il est toujours mauvais de juger sans connaître...





PS : A l'occasion d'une discution avec des Argentins sur le CHE, ils nous ont appris que Ernesto Guevara avait vécu ses premières années à 140 km des chutes d'Iguaçu. Le douanier lors de notre passage de la frontière affirme même que le CHE serait né à Caraguatay et non pas à Rosario. Nous allons donc modifier notre parcours pour nous rendre à Caraguatay, car il y aurait même un musée sur les premières années de la vie du CHE. Dans 3 ou 4 jours nous en serons plus...


vendredi 8 février 2008

LA TRAVERSEE DU CHACO

Nous avons quitté la Bolivie en laissant le mauvais temps qu'il y régnait. Nous avons longé les montagnes de la prè-cordillère jusqu'à Camiri, lieux dans lesquelles Ernesto Guevara a mené sa campagne de Bolivie, pour rejoindre la frontière à Yacuiba.

Nous laissons cette Bolivie aux paysages si différents avec ses montagnes qui culminent à plus de 6000 m et son Bassin Amazonnien encore très sauvage dans la région du Béni. Cette Bolivie dont le coût de la vie pour nous Europèen est dérisoire avec ses repas à moins d'un Euro.

Notre but à présent est de gagner Asuncion par le Chaco Argentin, 800 km d'une route droite pour rallier Formosa la grande ville de cette région et ensuite remonter vers Asuncion.

La région du Chaco à cheval sur le Paraguay et l'Argentine est une région hostile qui se transforme en zone marécageuse à la saison des pluies et qui se compose de forêts d'arbustes assez dense dominée par quelques grands arbres paradis des oiseaux. Pour développer cette région, l'Argentine a decidé de construire il y a environ 3 ans, une route toute droite que nous avons emprunté. La vingtaines de villages qui bordent cette longue bande d'asphalte, se sont vu soudain doter d'infrastructures démesurées et qui faute d'entretien se dégradent déjà. Car dans cette région les conditions de vie sont extrèmement difficiles avec des chaleurs pouvant dépasser 50 degrés, la profusion d'insectes et notament des moustiques, comme nous l'a fait remarquer un villageois avec qui nous convertion : «il faut être né ici pour y vivre...».

Les premiers jours vent arrière et soleil, nous ont permis de rouler sur de grandes distances sur cette route complètement plate, en rencontrant moins d'une dizaine de voiture par jour. Les kilomètres ont défilé sur cette route déserte au milieu d'oiseaux, de papillons et d'animaux semi domestiqués qui paissent tranquillement au bord de la route (vaches, cochons, chèvres, chevaux etc). Ces innombrables papillons blancs nous ont accompagnés tout au long du chemin sur des centaines de kilomètres, combien pouvait-il y en avoir certainement des centaines de milliers. Cette région très peu habitée est aussi le paradis des oiseaux, Tangaras, Cardinaux, Jacarinis, Perroquets, Perruches etc... se comptent par centaines. Nous avons aussi aperçut quelques indiens Guarani qui survivent dans de petites cabanes misérables au bord de cette route.

C'est au bout du 3ème jour et après avoir pris une journée de repos que les choses se sont compliquées. La température est soudainement montée à 48 degrés et nous avons subi des attaques en règle de moustiques. Il nous était impossible de nous arréter pour nous reposer car des centaines de moustiques se posaient sur nous et malgré les répulsifs, trouvaient toujours un endroit pour nous piquer même à travers les vétements. Devant le nombres de piqure que nous subissions par jour nous avons décidé de prendre un traitement anti palludien que nous avions apporté. Sous notre toile de tente, hormis les moustiques, des milliers de cafards (carapata), qui sortent la nuit, jonchent le sol, se faufilent partout dans vos sacs et que vous écrasez le matin en vous levant. Pour sortir de cette zone, où nous avons même trouvé un crocodile écrasé sur la route, nous avons décidé d'allonger nos étapes jusqu'à 170 kilomètres dans la journée. Mais sous ce soleil de plomb, c'est plus de 15 litres d'eau qu'il nous fallait par étape pour boire et nous arroser. Heureusement de temps à autre dans les tous petits villages nous trouvions un peu de boissons fraiches qui nous changeait de la température de l'eau de nos bidons. A ce rythme là, nous avons mis 7 jours dont 6 de vélo pour faire les 800 kilomètres qui nous séparaient de Formosa. Nous sommes arrivés à Formosa fatigués, désydratés et brulés par le soleil, mais nous sentons bien, hormis la fatigue naturelle après de gros effort, nous sommes en grande forme physique. Deux jours de repos pour nous retablir et nous gagnerons la capitale du Paraguay qui se trouve à 100 kilomètres.

L'épreuve du Chaco pour nous a été aussi difficile que la montée sur l'altiplano mais sous le soleil (comme le disait un célèbre chanteur francais) la misère est moins grande...


samedi 26 janvier 2008

NOUS SOMMES ALLES A LA HIGUERA.....

Pour rejoindre la Higuera nous avons trouvé un petit bus collectif qui relie les villages entre eux et qui nous emmènera à Vallegrande à 220 kms de Santa Cruz. Tout au long du chemin dans ce petit bus archis bondé, nous comprenons qu'il nous aurait été impossible en cette saison de rejoindre Vallégrande voir la Higuera en vélo. Tout au long des 170 kms de routes goudronnées et boueuses, sous de fortes pluies, nous avons rencontré des dizaines d'éboulements et d'affaissements de chaussée. Les 50 derniers kilomètres n'étaient qu'une piste détrempée, impraticable avec des vélos chargés. Arrivés à Vallegrande après 8 heures de bus, lieu où le corps de CHE GUEVARA avait été enterré, nous avons trouvé une ville sans grand interêt dont la plupart des rues ne sont ni goudronnées ni pavées.

Le lendemain, nous avons loué les services d'un guide qui a accepté de tenter de nous emmener à la Higuera. Pour se rendre dans ce village, 60 kms d'une petite piste chaotique à travers la montagne avec le passage d'un col à 3000 m. De plusieurs jours, cette piste était fermée à cause des pluies diluviennes qui s'étaient abattues sur la région et qui avaient provoquées de nombreux éboulements de terrains interdisant le passage. Avoir fait tant de kilomètres pour échouer aussi près du but et du moment le plus fort de notre voyage, il nous était impossible d'accepter cela, après tout ce que nous avons enduré. Fort heureusement, pas de pluie de la nuit et c'est sous un soleil timide que nous avons pris le chemin de la Higuera. Après 4 heures de piste, plusieurs enlisements et des passages très périeux pour éviter les glissements de terrain, nous avons réussi à atteindre les environs de la Higuera. A 5 kms du village, une série de plusieurs affaissements de route nous a interdit toutes progressions et c'est à pied que nous finirons d'arriver à la Higuera. Nous emprunterons un petit sentier transformé en ruisseau sur lequel 3 des compagnons de CHE GUEVARA ont trouvé la mort à quelques encablures du canyon ou le CHE fut a été capturé.

C'est un petit village typiquement Bolivien de 70 habitants qui nous apparaîtra au bout de la piste. Une émotion nous a envahi en pénétrant dans cet endroit où presque rien depuis 40 ans n'a bougé. On pourrait croire a tout moment que le CHE et ses compagnons vont surgir des bosquets environnants. Une atmophère très spéciale règne dans cet endroit chargé d'histoire. Nous comprenons alors que le voyage de la Higuera se mérite (surtout à cette saison) et que seuls des gens très motivés s'y rendent.

De suite, sur plusieurs maisons, des effigies et des paroles du CHE sont inscrites. Cela contraste beaucoup avec le reste de la Bolivie où l'image du CHE est très peu présente sauf dans les slogans des partisans du nouveau président socialiste Bolivien. Deux ou trois statues commémorent la capture et l'assassinat de CHE GUEVARA. La petite école restaurée, où fut emprisonné et assassiné CHE GUEVARA, contient aujourd'hui un très beau petit musée retraçant son combat et sa mort dans ce coin perdu de Bolivie. Dans ce lieu est toujours présente la chaise sur laquelle a été éxécuté GUEVARA. Dans ce pueblo Bolivien, où il n'y a qu'une seule petite épicerie, ce qui nous a le plus frappé comme à Vallegrande, c'est qu'il n'y a aucune «marchandisation» de l'image du CHE. Il ne faut pas oublier que CHE GUEVARA n'a reçu aucun soutien des populations locales, ce qu'il regrettait beaucoup dans son journal, dans son combat pour ce peuple. Et les paroles qu'il prononça dans son dernier discours en Avril 1967 prennent ici toutes leurs valeurs.

«Je ne suis pas un libérateur, de tels hommes n'existent pas, seuls les peuples peuvent obtenir leur propre libération»

Le peuple Bolivien n'a pas souhaitait à cet époque se libérer du joug de ses oppresseurs, c'est certainement pour çà qu'ils sont restés un des peuples les plus pauvres de la planète dont 70% des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

C'est avec un sentiment difficilement descriptible fait d'apaisement et de fierté que nous avons quitté la Higuera non sans jeter un dernier coup d'oeil aux montagnes environnantes qui sont les témoins de l'histoire d'un homme que Jean Paul Sarthe n'hésitait pas à qualifier «l'homme le plus complet de notre époque» dont la séduction et les citations transcendent toutes idéologies politiques et relèvent d'une pensée universelle.

De retour à Vallegrande nous nous sommes rendus au lavoir de l'hôpital où a été exposé le corps du CHE mort. Miraculeusement il est exactement dans l'état dans lequel il se trouvait il y a 40 ans. La seule différence réside dans un nombres incalculables de messages gravés sur les murs en terre de ce petit bâtiment. L'émotion est beaucoup plus grande et beaucoup plus présente que dans la classe restaurée de la Higuera. Symboliquement nous avons nous aussi gravé une petite étoile rouge.

Pour finir notre hommage, nous nous sommes rendu sur la piste de l'aérodrome de Vallegrande où un mausolée a été élevé sur la fosse commune où avait été enterré en cachette le corps de CHE GUEVARA et de 6 de ses compagnons. Ce sanctuaire très sobre a été très bien pensé car outre la fosse commune où la place de chaque corps est symbolisée par des pierres peintes, les murs sont couverts de photos encadrés sur la vie du CHE. De sa naissance en passant par son voyage à motocyclette, le père, l'homme d'état et le révolutionnaire qu'il a été...

Nous avons quitté Vallegrande en pensant aux paroles d'un chanson de notre fille :

«vous partez dans les pas du CHE mais le retrouverez-vous

OUI, nous l'avons retrouvé, car son esprit et celui de ses compagnons resteront pour toujours à la Higuera et dans ses forêts.


HASTA LA VICTORIA SIEMPRE


Info: Demain nous quitterons Santa Cruz pour rejoindre l'Argentine en milieu de semaine.


mercredi 23 janvier 2008

UNE SEMAINE PARTICULIERE

Nous allons essayer de faire l'inventaire de tout ce qui nous est arrivé cette semaine.

La semaine a été si riche en événement qu'immanquablement nous allons oublier des choses.

De la grève des camionneurs, aux pluies diluviennes qui s'abattent sur le bassin Amazonien, aux routes défoncées et coupées par les eaux, à l'alerte émise par la télé pour évacuer les zones inondées et sur les risques de séismes, à notre nouvelle remorque qui prend le chemin de la précédente.

Après une journée de repos à Cochabamba la plus grande ville marché de la Bolivie, où nous logions en compagnie d'une équipe de jeunes footballeurs Brésilien, nous nous étions préparés à une grande étape pour rejoindre Villa Turani la région de la coca dans la forêt tropicale Bolivienne.

A peine nous étions partis que nous sommes tombés sur un «bloquéo» (un blocus routier). Ici, on ne plaisante pas quand on bloque la route, impossible de passer. De plus, nos convictions syndicales font que l'on respecte les gens qui se battent pour améliorer leurs droits et leurs conditions de vie. Nous avons donc conversé toute la matinée avec les grévistes et donné une interview aux journalistes présents. Puis prenant notre mal en patience nous avons donc trouvé un logement pour la nuit. Non sans avoir pris rendez-vous avec un ami gréviste qui nous a proposé de nous emmener le lendemain matin sur le lieu du prochain bloquéo pour que nous puissions reprendre la route avant la mise en place de celui-ci. Le lendemain, nous avons pu reprendre notre route et enfin descendre plus de 70 kms dans des décors grandioses (ceci dit, c'est très compliqué et très fatiguant de descendre de telle distance avec une remorque) pour arriver à Villa Turani où il régnait une température de 38 degrés saturées d'humidité et une présence abondante de moustiques..

Le lendemain nous avons visité les alentours alors que le bloquéo avait lieu dans cette ville, immobilisant des dizaines de bus, voitures et camions.

Perroquets, perruches, papillons, fleurs de la forêt ont comblé nos yeux ravis de voir tant de vie et tant de richesse, car la Bolivie est encore un de ces pays sauvage où à chaque coins de bois (de rue) vous pouvez découvrir des choses inattendues et des endroits encore à peu près vierge. Toute la journée s'est déroulée sous une petite pluie chaude. Après une petite visite aux grévistes, nous sommes rentrés préparer nos affaires pour le lendemain.

Depuis que nous sommes descendu de l'altiplano, la forme physique est au rendez-vous. Malgré les routes défoncées et une crevaison de la remorque qui à nouveau, après une quarantaine de kilomètres de piste, commence à donner comme sa consoeur des signes de faiblesse nous effectuerons ce jour là 110 kms sous une température étouffante au milieu la forêt luxuriante. Nous traverserons des dizaines de Rio (rivière) qui atteignent des hauteurs inquiétantes, qui charrient de plus en plus de boue et d'arbres arrachés .

C'est sous une pluie diluvienne que nous allons effectuer le reste du parcours jusqu'à Santa Cruz. Rivières qui débordent, routes coupées et pistes boueuses seront le lot de nos journées. A la faveur d'une éclaircie qui durera une heure nous serons parmi les derniers à traverser sur un kilomètres une route qui longe une rivière qui déborde et dont on aperçoit plus le bas coté. Cette route inondée, balayée par un fort courant trouve à son goût la remorque qui se met en travers à chaque coup de pédale et c'est au prix de gros effort que nous arriverons à traverser. La hauteur de l'eau atteignant au plus profond 60cm. C'est en prenant beaucoup de risques que nous sommes parvenus à la capitale régionale. La pluie était si forte que cela coupait toute visibilité des bas cotés inondés empêchant les autres véhicules de nous voir malgré nos lampes allumées. Le seul réconfort, c'est que la température avoisine les 25° .

Arrivée à l'hôtel alors que Laure ouvre ses sacoches pour faire le point sur l'état de nos appareils électroniques, une magnifique mygale trône à l'intérieur de la sacoche et qui bien sûr s'échappera rapidement (effectuer 110 km enfermé dans le noir et l'humidité c'est pas de tout repos...).

Le soir, la télévision Bolivienne annonce plusieurs morts, des voitures emportées, des routes coupées, des torrents de boues et émet des avis d'évacuation le long de plusieurs rivières (qui sont en faite des fleuves dont nous avons vu des remous de plus de 3 mètres) et des risques importants de séisme dans le pays.

Demain, nous devions rejoindre la Higuera, mais il est impossible de faire du vélo dans ces conditions sans prendre de très gros risque. Comme il nous est impossible d'attendre une éventuelle amélioration pour des questions de timing, nous avons décidé de rejoindre Vallegrande et la Higuera en stop (aucune route goudronnée ne mène à la Higuera).Si à notre retour dans 3 ou 4 jours la situation ne s'est pas améliorée, nous essayerons de trouver un véhicule qui nous transporte hors de la zone perturbée.

Pour rejoindre les chute d'Iguaçu, nous avions trois routes possible:

- par le Brésil et Corumba, la route est impraticable car elle traverse le Pantanal qui est inondé,

- par le Chaco Paraguayen là aussi la piste est inondée,

- par le nord de l'Argentine, c'est notre solution de secours, puis remonter à la capitale du Paraguay Asuncion.

Malgré tous ces imprévus et toutes ces difficultés, nous gardons un bon moral et nous nous sentons très bien physiquement.

Pas toujours facile d'être dans les pas du Che.



mardi 15 janvier 2008

UNE SEMAINE BIEN DIFFICILE

Nous nous faisions une fausse idée de La Paz, nous pensions à l'instar de Lima que cette ville était sale, anarchique et étouffante. La Paz qui se trouve au fond d'un canyon et dominé par la ville de El Alto. Des hauteurs de la ville, on a la vision d'une citée de brique rouge et assez bien organisée. Intra-muros, ce qui nous frappe de suite c'est la propreté des rues qui sont quasiment toutes pavées. Même si à première vue tout paraît anarchique, il y a une organisation de la vie bien établit. Ces marchés haut en couleur, et son église sont a peu près les seules choses intéressante dans cette capitale.


Après nos deux journées de repos, nous sommes partis en direction de Cochabamba. Un temps maussade entre coupé d'averse va nous accompagné tout au long de la journée a travers un altiplano désertique et sans grand intérêt, nous n'avons vu aucun Lama et quasiment aucune culture. Mais pour rompre la monotonie de la journée, nous nous sommes fait attaquer par un chien (eux par contre sont nombreux). Il a bondi d'un talus dans une descente alors que nous roulions à 35km/h. Laure a pu éviter la morsure en faisant un grand écart sur la route et Jean Michel embarqué par le poids de la remorque, à dévalé un grand fossé et à fini sa course le nez dans l'herbe. Sur la chute le chien a pris peur et nous a laissé tranquille. Pris de colère, Jean Michel s'est relevé et a courru derrière le chien en lui jetant des cailloux. Bilan de la chute, une égratignure au genoux, une bosse sur la tête, la roue avant voilé et le dérailleur tordu. Après quelques réparation, nous avons repris notre route. La journée a été difficile pour Laure qui a souffert de mot de ventre tout au long de l'étape de 100 kms.

Le soir dans le village étape, nous comprenons très vite la différence de niveau de vie qu'il existe entre le Pérou et la Bolivie. Dans ce village, on se serait cru dans une ville du Far ouest. Quelques minutes après notre arrivée, la pluie et la neige vont se mettre à tomber jusqu'à 9 heures du matin. A notre réveil, tous les sommets alentours étaient enneigés. C'est vêtu de nos vêtements les plus chaud et de pluie que nous reprenons notre route. Fort heureusement, la pluie cessera faisant place à un vent très violent les 30 derniers kilomètres du parcours. Et c'est une fois de plus à bout de force que nous arriverons à Caracolla.

A Caracolla se pose à nous un problème bien difficile à résoudre. En effet, après renseignement pris auprès de la police, 190 kms nous attendent pour rejoindre Cochabamba. Si les 50 premiers kilomètres sont plat et en descente et que pour rejoindre Cochabamba une descente de 70 kilomètres nous attend, entre les deux il faut traverser la Cordillère Réal et gravir 4 cols dont un à 4500 mètres de 18kms. Aucun ravitaillement ni logement possible dans les 130 premiers kilomètres. La police nous met en garde sur le fait que la saison des pluies est arrivée et que camper en haute montagne est dangereux. Ils nous indiquent qu'il serait préférable que nous empruntions un transport collectif jusqu'à Cochabamba. Après réflexion nous optons pour une solution intermédiaire. Nous partirons au petit matin et si nous trouvons pas de logement ou si les conditions devenaient trop extrême, nous arrêterions un camion pour rejoindre Cochabamba.

Une fois de plus il a plu toute la nuit. Après une mauvaise nuit dans un logement plus proche «d'une niche à chien» que d'une chambre pour dormir. Dès 7 heures nous prenons la route sous un ciel maussade. Au bout de 2 heures, nous attaquons le col de 18kms, il nous faudra pas moins de 4 heures pour le franchir. Sur le haut du col, à 4501 m de violentes rafales de vent nous font face. Nous sommes obligés de pédaler dans la descente pour atteindre laborieusement 20 kms/heures. Tout au tour de nous le ciel c'est obscurci et il est déjà 15 heures quand nous attaquons sous les premières gouttes le deuxième col. Au bout de quelques minutes, c'est pluie, neige, glace et vent violent qui accompagneront pendant une heure notre ascension. Près du haut, trempés, gelés, nous déciderons de stopper là notre aventure avec au compteur 91kms.

Forte heureusement le premier bus a qui nous avons fait signe, nous a embarqué. S'il y avait de la place pour nos vélos dans les coffres à bagage, le car était plein et c'est dans la cabine avec le chauffeur et trois autre personnes que nous avons fini notre voyage jusqu'à Cochabamba. Deux regrets premièrement de ne pas avoir pu profiter à cause du temps des paysages grandioses de la Sierra Réal, deuxièmement ne pas avoir pu effectuer la descente périeuse de 70 kms qui nous aurait mené à Cochabamba qui se trouve à 2500 m.

Nous sommes sortis des hauts altiplano et d'ici un ou deux jours, nous allons nous retrouver dans la foret tropical jusqu'à Santa Cruz. Même si la saison des pluies ne va pas nous laisser tranquille, il est plus facile de se mouiller par 35° que par des températures proches de 0°.


Dernière minute : Nous venons d'apprendre à la télévision, pas le mariage de Sarkozy, mais que la région du Chapare est bloquée par une grève des camionneurs. Région dans laquelle nous serons demain



samedi 12 janvier 2008

VOILA LA BOLIVIE

Que ces 3 jours pour rallier Puno ont été difficile. Plus de 15 jours sans vélo ont mis à mal notre forme physique et notre adaptation à l'altitude. Si quinze jours sans vélo chez nous ne posent aucun problème à la reprise, à cette altitude, c'est une toute autre histoire...

En effet, nous avons eu constamment mal aux jambes, le souffle court et de gros maux de tête. Heureusement après avoir franchi le col de Abra Raya à 4338 mètres dont seulement les 10 derniers kilomètres sont très dur, nous nous sommes de nouveau retrouvé sur ce grand altiplano tout plat, vent arrière avec un beau temps froid (alors que la saison des pluies s'annoncent) jusqu'à Puno. Nous avons pu constater en une semaine de différence que les sommets des montagnes s'étaient ornés d'un blanc manteau dû au première neige. Aucun coups de pédales ne se faisaient machinalement et il fallait que l'on reste constamment concentrés sur notre tâche pour pouvoir avancer. Nous avons dormi à Ayaviri mais cette fois, nous n'avons pas bu de yaourt sur le marché qui nous avait rendu si malade.


Pour nous Puno est véritablement le point de départ de la deuxième partie de notre aventure. Si jusqu'à Cuzco nous avons suivi «les pas du CHE», pour rejoindre Buenos Aires, comme lui nous allons cette fois-ci tracer notre itinaire au gré des rencontres et des envies avec seulement, 3 points de passage obligatoire La Higuera, Les chutes d'Iguacu, et Rosario.


Pour rejoindre la Bolivie et la ville de Copacabana à 130 kms de Puno, nous avons emprunté une route qui épouse parfaitement le contour du lac Titicaca. Si cette fois-ci nous avons eu le vent de face, quel plaisir pour les yeux que cette route le long du lac. En effet, nous avons vu les Péruviens puis les Boliviens affairés à leurs tâches quotidiennes sans pollution extérieure dû aux touristes. Des centaines de flamants roses et de canards ont accompagnés notre cheminement tout au long de ces 2 jours. De multiples rencontres en ces jours de fêtes au Pérou (dimanche et lundi) et signes amicaux ont égayé notre chemin et nous ont fait oublier les douleurs musculaires toujours présentent. Tout au long de la journée, nous avons pu voir les couleurs changeantes du lac et du ciel aux multiples déclinaisons de bleus ornés de gros nuages blancs sous un ciel d'une limpidité étonnante dû à l'altitude. Nous pourrions utiliser des mots comme incroyable, époustouflant, grandiose, mais nous les avons si souvent utilisé au cours de ce voyage que l'on craint que cela leur enlève leurs vrais valeurs. Ne pourrait-on pas inventer de nouveau adjectif pour décrire tant de beauté.


C'est vers 10 heures du matin que nous avons pénétré en Bolivie. Nous avons pu franchir en à peine 10 minutes la frontière, alors que de nombreux touristes attendaient depuis des heures pour les formalités douanières. Le fait d'être à vélo vous ouvre bien des portes.


Arrivé à Copacabana, petit village Bolivien qui se loge au creux d'une crique verdoyante, nous avons de suite pu voir la différence de niveau de vie qu'il existe avec le Pérou.

En effet, nous avons décidé de prendre un hôtel confortable avec vue sur le lac Titicaca, l'hôtelier nous a demandé moins de 8 euros avec le petit déjeuner. Nous vous laissons imaginer le prix des établissements que nous fréquentons habituellement. Le midi, nous avons mangé une truite pour à peine 1,5 euros. Les truites qui viennent des élevages aquacoles qui fourmillent sur le lac Titicaca. L'après-midi nous avons visiter l'Isla Del Sol qui est habitée depuis la nuit des temps, et qui est un passage obligé pour toutes personnes faisant escale à Copacabana. Cette visite nous a laissée sur notre faim hormis les cultures en espalier sur toute l'île, les vestiges Inca et Pré Inca sont bien trop dégradés pour qu'ils aient un attrait majeur. Sommes-nous blasés après avoir vu tant de belles choses sur les sites Incas que nous avons visité?


Le lendemain matin, après avoir passé une très bonne nuit, sous un ciel maussade et une température de 8° nous avons repris notre route vers La Paz qui se trouve à 150 kms.

Dès la sortie de Copacabana nous attaquons un col de 15 kms qui nous mènera à 4300m d'altitude. Malgré la difficulté du col nous sentons que physiquement nous allons beaucoup mieux «le coup de Pédale est revenu». Seule Laure éprouve toujours des difficultés à respirer correctement à cette altitude. En haut du col, une fois de plus, le spectacle qui s'offre à nos yeux est géant. En effet, nous pouvons, de chaque coté, apercevoir deux endroits différents du Lac Titicaca. Sur la nouvelle partie qui s'offre à nos yeux, nous apercevons d'innombrables petites îles et en toile de fond la Sierra Réal avec ses sommets qui culmine à plus de 6000 m. Alors que nous attaquons la descente vers L'estrecho de Tiquina, où le seul moyen de se rendre sur l'autre rive est le bac, il se met à pleuvoir et bientôt se sera un déluge d'eau de neige et de glace qui s'abattra sur nous. La température étant descendu à 5° nous serons obligés d'enfiler tous les vêtements de vélos que nous avons de disponible. Après un passage épique du détroit de Tiquina sur une vieille barge en bois qui prend l'eau de partout, toujours sous une pluie battante nous reprenons notre route jusqu'à Huatajata à 28 kms de là.

C'est complètement frigorifié et près de l'hypothermie pour Laure que nous trouverons un logement. A contrario de ce que nous avons connu lors du passage de la frontière Chilienne, aucune source d'eau chaude ne nous attendait à l'arrivée bien au contraire un seul petit hôtel miteux avec une douche tiède et 12° dans la chambre. Pour se réchauffer, nous avons enfilé tout nos vêtements secs et nous nous sommes mis au lit à 3 heures de l'après-midi.

Au petit matin, la pluie a cessé remplacé par un fort vent que nous aurons de face jusqu'à La Paz. La journée a été très très difficile et épuisante, outre le vent de face, nous avons monté un faux plat sur 40 kms avec un route dont le revêtement était proche de la piste. Heureusement que physiquement nous avons bien récupéré des efforts de la veille car ce n'est pas moins de 7 heures qu'il nous faudra pour effectuer les 80kms jusqu'à la capitale Bolivienne.

Après une semaine de vélo nous prévoyons 2 jours de repos pour visiter La Paz.


vendredi 4 janvier 2008

VILLEGIATURE

Jeudi après-midi nous avons remis Maurine et son cousin dans l'avion du retour. Ces 15 derniers jours ont bien vite passé et nous ont montré à quel point il était cruel de se séparer de son enfant. C'est le coeur gros que nous nous sommes dit au revoir...Ces 2 semaines nous aurons permis de découvrir Machu Picchu, Cuzco, le lac Titicaca et ses iles d'Amantani et de Taquile ainsi que les célèbres iles flottantes Uros, le canyon del Colca et ses condors, Arequipa et son monastère mystérieux et les iles Ballestas, réserve ornithologique et aquatique d'une grande richesse (le choix des photos a été difficile...). Ce séjour aura aussi permis à notre fille de mieux évaluer et comprendre l'environnement dans lequel nous vivons et de constater l'accueil que nous réservent nos amis Péruviens.


Dès vendredi matin nous avons repris notre périple, même si la venu de Maurine était une joie immense il nous tardait de reprendre nos vélos pour aller de l'avant. Nous avons profité de sa venue pour alléger notre équipement de 3 kg (livres, vêtements). Avec des vélos remis à neuf (chaînes, roues libre, câbles) et une nouvelle remorque, notre premier objectif est de rallier en 3 jours le lac Titicaca jusqu'à Puno, par une route que nous avons emprunté en sens contraire et que nous connaissons bien. Ensuite nous serons plus qu'à 2 étapes de la Bolivie que l'on devrait atteindre en milieu de semaine prochaine.


Feliz anos!!!

mardi 25 décembre 2007

MACHU PICCHU

C'est avec beaucoup de bonheur que nous avons retrouvé notre fille et son cousin pour aller découvrir ensemble Machu picchu.

La découverte de Machu Picchu a été un grand moment dans le voyage de CHE Guevara à travers «son» Amérique du Sud.

Comme le CHE l'avait fait 50 ans plus tôt, nous avons pris le train, unique moyen pour se rendre à Machu Picchu car il n'existe encore aujourd'hui aucune route pour rallier le site (ce qui permet à l'état PÉRUVIEN de pratiquer des prix prohibitifs pour cette visite, limitant ainsi cette découverte au plus riche). Au départ de Cuzco pour gravir la montagne qui entoure la ville, le train effectue une montée en zig zag du Cerro. Par 4 fois, le train avance, s'arrête puis recule en empruntant une autre voie pour s'élever de quelques dizaines de mètres atténuant ainsi la pente trop forte. Et c'est pas moins de 40 minutes qu'il faut pour effectuer ces manoeuvres. Une fois la colline passée, le train progresse à travers les cultures agricoles et les villages de l'altiplano pour ensuite se faufiler dans une gorge escarpée, d'une dizaine de mètres de large, pour rejoindre la ville d'Ollantaytambo. A partir de cette ancienne forteresse Inca, il n'y a plus de route et le seul moyen pour se rendre à Machu Picchu c'est le train. Plus nous progressons, plus la végétation de l'altiplano fait place à une végétation dense du type tropical. Le train avance en longeant la rivière Urubamba dans une gorge étroite parsemée de tunnels. Au bout de 3 heures 30 nous arrivons enfin à Aguas Calientés au pied du Machu Picchu.

Ce n'est pas seulement le site de Machu Picchu qui est grandiose, c'est tout l'environnement qui le compose, fait de montagnes recouvertes d'une épaisse forêt, avec des aplombs vertigineux d'environ 1000 mètres entre lesquel la rivière s'écoule

Dès l'entrée sur le site, nous sommes émerveillés et émus par la beauté et la sérénité du lieu. Nous comprenons mieux l'émotion qu'a dû ressentir le jeune Ernesto Guevara 50 ans plus tôt, en découvrant cet endroit qui a été propice à la réflexion et à la prise de conscience de ce jeune homme qui venait de découvrir cette Amérique sauvage où la plupart des peuples étaient opprimés et exploités.

Des dizaines de terrasses, des bains, des maisons, un temple etc...composent ce site d'une richesse incroyable. Comment autant de personnes pouvaient vivre sur ce bout de montagne où chaque centimètres a été apprivoisé.

Mais la plus belle perspective du site est visible de la montagne qui surplombe Machu Picchu le Huayna Picchu. Ce n'est pas moins d'une heure par un sentier à flanc de montagne où le danger est permanent, avec des a pics de plus de 600 mètres qu'il faut pour atteindre les premières terrasses de ce site. De cet endroit, nous nous rendons mieux compte de l'étendue et de l'organisation de Machu Picchu.

Bien sûr, on peut visiter Machu Picchu en 3 où 4 heures. Mais combien de temps faudrait-il pour bien le connaître et déambuler à sa guise sur ce site où chaque maisons, chaque rues, chaque places mériteraient qu'on leur accorde plus de temps...

C'est la tête dans les étoiles que nous avons pris le chemin du retour, convaincu que le Machu Picchu mérite bien sa place parmi les 7 merveilles du monde.

dimanche 16 décembre 2007

CUZCO A MI CHEMIN

Après avoir parcouru la vallée sacrée, nous avons posé nos vélos à Cuzco avec aux compteurs 3625 kms.

Pour nous cette ville représente la mi-parcours (même si dans les faits ce n'est pas le cas) et nous pensons qu'il est temps de tirer un premier bilan de notre périple.


Près de 3 mois que nous sommes partis, la fatigue est bien présente, même si nous n'avons pas été beaucoup malade, une bronchite et une intoxication alimentaire chacun. Si parcourir 3500 kms n'est pas un exploit en soi, les conditions rencontrées, combiné au poids à tirer ont rapidement entamé notre physique.


L'arrivée de Maurine cette semaine et 2 semaines de repos vont nous faire du bien au moral et au physique, même si nous sentons que du côté de Maurine c'est beaucoup plus dur pour elle que ce que nous avions imaginé.


Et c'est «bon pied bon oeil» que nous entamerons début Janvier la montée vers La Paz avant de rejoindre les plaines du Brésil et de L'Uruguay.


Si vous l'avez compris pour le physique c'est un peu dur, côté rencontre ce n'est pas du tout pareil, rouler permet de faire énormément de rencontres éphémères, fortes, sans hypocrisies. Un jour où 2 au plus au même endroit et il faut reprendre la route. Cette étroite bande de goudron qui n'en fini jamais et qui au détour d'un virage, d'une descente peut vous surprendre, vous étonner, vous enthousiasmer, car c'est bien ça le voyage à vélo, ne jamais savoir ce qui vous attend. Toujours des paysages changeant tantôt somptueux, quelque fois ennuyeux mais toujours nouveau. De la Pampa en Argentine, à la région des grands lacs, des déserts Chilien et Péruviens jusqu'à l'Altiplano, quelle chance nous avons eu de voir autant de chose en si peu de temps. Heureusement que nous tenons un livre de bord, autrement comment se rappeler de tout, d'une personne âgée qui vous engage la conversation, où d'un enfant de l'Altiplano qui vous interpelle d'un large sourire qui fend ses 2 joues rouge et toutes gercées par le froid.


Ernesto Guevara avait raison de dire que ce continent était merveilleux et, si son voyage lui a permis de mieux comprendre cette Amérique, nous aussi il nous permet de là comprendre et là connaître. Beaucoup de signe nous rappelle les dictatures et les combats qu'ont mené ces peuples pour accéder à la liberté, toujours fragile dans certains pays, et s'ouvrir de plus en plus à la civilisation. Bien sûr, beaucoup de choses nous révoltent mais tant nous enthousiasme. Et nous comprenons mieux le cheminement de Guevara qui voulait tant le bonheur de ce peuple attachant face à tant d'exploitation et de misère.


Il nous reste trois mois à parcourir ce continent, même si les premières semaines vont être dur en Bolivie, combien de rencontres, combien d'imprévus nous attendent à chaque virages. Nous pensons que les difficultés n'ont rien de comparable avec les joies et le bonheur que procurent un tel périple.


En attendant nous souhaitons un Joyeux Noël à tout nos fidèles lecteurs. Nous allons continuer ces 15 prochains jours à vous faire découvrir le Pérou en compagnie de notre fille.


mercredi 12 décembre 2007

VERS LA VALLEE SACREE

Lundi lors de notre départ nous n'avions pas complètement récupéré de nos efforts.

C'est pourquoi, pour rallier Cuzco qui se situe a plus de 400kms, nous avons décidé de faire les premiers jours de petites étapes entre 40 et 50 kms afin de ne pas trop puiser dans nos réserves. Si une côte de 4 kms à 7% nous attendait à la sortie de Puno, sur 300 kms nous allions nous retrouver sur un immense altiplano à 3700 m quasiment plat avec vent arrière.


Sur l'altiplano, nous nous sommes retrouvés au coeur de la vie des Péruviens de ces hauts plateaux, que nous avons partagé. Vie très dure, mais très solidaire qui n'a pas beaucoup évolué depuis des centaines d'années. Nous avons pu admirer malgré la hauteur une faune assez conséquente notamment en oiseaux.


Au bout du 3ème jour, alors que nous venions de reprendre la route, nous avons rencontré 3 jeunes «fous» magnifiques qui avec l'arrogance et l'insouciance de la jeunesse, étaient partis de Buenos Aires avec des vélos achetés sur place pour rejoindre Cuzco. Nous avons cheminé ensemble tout au long de la journée. L'après midi venu, nos compagnons pressés dans finir ont voulu continué. Avant de se séparer nous avons rencontré un autre couple de Danois qui à vélo voulait gagner Ushuaia.


Nous avons dormi dans une ville d'une dizaine de milliers d'habitants qui ce jour là n'était qu'un immense marché. Nous avons pù goûté pas mal de spécialisées locales et beaucoup échangé avec ces populations très peu habitués à voir des étrangers dans leur ville. Comme il est impossible de trouver des cartes fiables ou des renseignements précis, le lendemain nous avons fait une étape de 110 kms avec un col de 28 kms pour sortir de l'altiplano et descendu pendant 40 kms pour rejoindre la Vallée Sacrée. Durant la descente, nous avons rencontré un couple Allemano-Espagnol qui gagnait lui aussi en bicyclette Ushuaia. Notre dégustation la veille de produit locaux a joué un mauvais tour à Laure qui s'est retrouvée avec un intoxication alimentaire assez conséquente. Comme dès les premiers symptôme Laure a réagi, malgré une mauvaise nuit, nous avons pu repartir dès le lendemain pour une étape qui ne devait faire que 60 kms. Au final, c'est 95 kms que nous allions parcourir.


Arrivé à Urcos, c'était la fête au village , ce qui nous a pas laissé le choix du logement. Après avoir assisté au cérémonie en faveur de la Vierge et aux courses de chevaux nous avons regagné notre chambre bien en dessous du minimum d'hygiène que l'on pourrait être en droit d'attendre. A son tour, Jean Michel a été victime à retardement à la même intoxication alimentaire mais beaucoup plus forte. Après une nuit sans dormir, nous avons attaqué notre dernière étape de 46 kms nous menant à Cuzco et c'est à l'arraché et au courage que nous avons fini par gagner la capitale des Incas.


Quelques jours de repos et la venue de Maurine vont nous permettre de récupérer physiquement et moralement. Cette semaine sera consacrée à la visite des sites de la Vallée Sacrée avec nos vélos allégés d'une grande partie de leurs bagages restés à Cuzco.



dimanche 2 décembre 2007

DES DIFFICULTES ET DE L'IMPREVU

Quel contraste entre le Pérou et le Chili.

Le Pérou est un pays moins développé que le Chili et beaucoup plus marqué par la tradition. C'est aussi un pays beaucoup plus pauvre avec un coup de la vie très bas, certains restaurants populaires proposent des menus pour 50cts d'euros. Néanmoins l'acceuil que nous réservent ces gens s'il peut paraître moins spontané est beaucoup plus chaleureux.

Un des gros problèmes que nous rencontrons, est de trouver une carte routière et des renseignements fiables quand au distance et au point de ravitaillement possible lors de nos étapes. Dans les réponses, il y a toujours : « menos mas » (plus ou moins). Pour les Péruviens le temps et la distance ne sont pas des notions importantes mais quand vous êtes à vélo c'est une autre histoire...


Nous sommes partis d'Arica pour rejoindre Moquegua, à travers le désert côtier Péruvien. Après un premier col à 900 m nous nous sommes retrouvés sur un plateau en plein désert vent arrière pendant près de 130kms. Durant cette journée, nous avons essuyé plusieurs tempêtes de sable. Un sable rouge qui vient vous fouetter le corps et qui vous pique comme des milliers de petites aiguilles. Chose assez irréelle, en plein désert un péage. A ce péage, il y avait une journaliste qui travaille pour l'état, elle faisait un reportage sur les gens qui empruntent cette route. Deux français à bicyclette en plein désert du pain béni pour elle. Après une demi heure d'interview et de photos nous avons pu repartir. Et c'est complètement épuisé après 9 heures de vélo que nous avons fini cette étape brûlé par le soleil après avoir consommé 12 litres d'eau. Au risque de se répéter, c'était dans des paysages montagneux somptueux que nous avons progressé.


Notre ville étape Monquegua (1200m d'altitude) est une oasis en plein désert où nous avons pris un peu de repos pour préparer notre montée sur l'altiplano et notre voyage vers Puno. Après renseignements pris auprès de la police, nous avons changé notre itinéraire car la voie que nous avions prévu comporte une piste trop défoncée. Notre souci était de trouver des points de ravitaillement sur les 260 kms que nous devions faire. La longueur du col dès la sortie de Moquegua varie suivant les personnes de 70 à 110 kms. C'est donc sans aucune garantie quand au ravitaillement et au kilométrage que nous sommes partis sur cette étape.

Dés le premier feu rouge dans Moquegua nous sommes arrêtés par un journaliste, qui après les politesses d'usage nous a demandé si nous étions d'accord pour faire une émission radio. Nous avons donc dans notre espagnol approximatif fait une émission radio à la «Sud Américaine» où le journaliste avait un débit incroyable on se serait cru lors d'une final de la coupe du monde Pérou Brésil.

Au bout de ¾ d'heures nous avons pu enfin attaquer, par une pente à 7%, notre montée sur l'altiplano. Notre objectif : réaliser au moins 40kms de montée. Au bout de 20 kms nous nous sommes ravitaillés en eau et en vivre soit une charge de 10 kg supplémentaires afin de nous permettre d'aller jusqu'au 2ème point de ravitaillement qui se situe à 40 kms de là. Après 8 heures de vélo où vous devez constamment vous concentrer sur l'effort pour ne pas vous arrêter et vendre votre bicyclette au premier passant, nous avons enfin trouvé un point de bivouac à 2700m. Malgré des pentes à 9 % avec une moyenne sur la journée à 5% nous avons bien effectué nos 4Okms.

Après avoir passé une mauvaise nuit sous la tente dû au gros rhume que traîne Jean Michel depuis 3 jours et au passage des camions sur la route, nous avons repris dès 7 heures notre ascension. D'après nos calculs si la pente reste la même le col ne devrait faire que 80 kms et donc nous devrions arrivé en haut le soir même. Nous avons trouvé les premiers kilomètres de cette ascension beaucoup plus difficiles que la veille, la fatigue se faisant nettement ressentir. Vers 3500m nous avons commencé à ressentir les effets de l'altitude traduit par un léger mal de tête et le souffle un peu plus court. Au bout de 20 kms un péage avec la deuxième zones de ravitaillement. Mais là, les choses se compliquent, plus d'épicerie. L'employé du péage nous indique qu'en haut du col à 4520m il y a un petit Pueblo avec possibilité d'acheter quelques vivres. Nous avons donc entamé la montée finale qui s'avérera être de 17 kms ce qui porte au total le col à 77 kms. C'est au prix de 3 heures et demi d'effort inhumain, ou vous repoussez constamment la limite de la douleur et ou l'altitude vous oblige à vous arrêter tous les 2 kilomètres pour reprendre son souffle que nous sommes arrivés en haut du col. Effectivement il y avait une dizaine de masures en pierre où l'on nous a servi une soupe chaude et ou nous avons pu acheter quelques gâteaux et que 2 litres de Coca Cola. Comme il était que 15 heures 30, nous avons décidé en récompense des efforts consentis, d'engager la descente sur quelques kilomètres afin de trouver un endroit pour camper, et atténuer les effets de l'altitude. Après avoir échangé quelques paroles avec un employé de la route, enfilé un équipement chaud car malgré le soleil il ne faisait que 18°, nous sommes repartis. Au bout d'une quinzaine de kilomètres après être redescendu d'environ 100 m nous avons attaqué un petit col de 5 – 6 kilomètres à 3% pour finir la montée à 4610m. A moins d'un kilomètre du haut, alors qu'au signe avant coureur ne s'était manifesté, Jean Michel s'est mis à tituber sur la route, un mal de tête terrible, la respiration coupée, des nausées et des paroles hachées. Après un arrêt de quelques minutes, il est reparti mais n'a pas pu donner plus de 3 coups de pédales et s'est affalé sur le bord de la route, il me faisait penser à quelqu'un de ivre. Ce qui est bizarre, c'est que moi malgré un gros état de fatigue, je ne ressentais aucun effet de l'altitude. Il fallait absolument que l'on redescende mais nous nous trouvions dans une cuvette entre 2 cols en plus nous n'avions pas la possibilité de planter la tente. J'essayais de réconforter Jean Michel en essayant de trouver une solution avec lui mais il était incapable de raisonner. Il ne nous restait plus comme solution que t'attendre qu'il aille mieux mais nous n'avions plus qu'une heure avant la tombée de la nuit. Quand une camionnette nous doubla et s'arrêta à une centaine de mètre de nous. C'était l'employé de la route qui rentrait chez lui à Juliaca. Au passage il a compris au premier coup d'oeil que nous étions en difficulté. Il s'est approché de moi et m'a expliqué qu'il était dangereux de passer la nuit sous la tente avec un froid qui allait avoisiné les zéros degré alors qu'il nous était impossible de redescendre pour atténuer les effets de l'altitude de plus si l'état de Jean Michel s'aggravait il n'y avait pas de possibilité de secours. En effet, derrière le sommet nous redescendions sur un plateau à 4450m sur 40 kms, et le prochain village se trouvait à 80 kms. J'ai accepté l'option qu'il me proposait à savoir de nous amener directement à Puno à 160 kms de là. Je me suis donc retrouvé assise dans la bétaillère pendant 80 kms jusqu'au prochain village. Nos sauveurs se sont arrêtés pour que nous mangions et ont acheté de la Coca pour Jean Michel qui en a mastiqué tout le reste du voyage. Comme il faisait nuit nous sommes montés à 4 dans le pick up. Je regrettais bien vite ma place dans la bétaillère où enveloppée dans deux épaisses couvertures en alpaga, j'avais pu admirer des paysages d'une limpidité incroyable avec des petits lacs où se mélangeaient des flamants roses, canards, alpagas, lamas...


Les effets de l'altitude et les efforts que nous avons consenti ces derniers jours nous ont épuisé si bien que nous avons passé notre journée de vendredi au lit. Le rhume de Jean Michel s'est transformé en une grosse bronchite avec les effets de l'altitude c'est compliquée. Nous espérons que 3 jours de repos complet vont nous permettre de nous habituer à l'altitude et nous redonner des forces.


Malgré tout le moral est bon car ces derniers jours nous avons franchi un désert, monté un col de 77 kms et atteind l'altitude de 4600m, et nous reprendrons lundi notre route vers Cuzco.



mardi 27 novembre 2007

DERNIERS JOURS AU CHILI

Notre dernière semaine au Chili a été consacré à rallier Santiago à Valparaiso à vélo puis se rendre à ARICA .Après avoir déjeuner en famille chez nos amis Chilien, nous avons repris notre route. Deux étapes faites sous un soleil de plomb 41° qui a fini d'affiner le bronzage et même plus. Nous avons traversé plusieurs vallées entièrement plantées de vignes. Nous avons vraiment de la chance car après avoir découvert l'île de Pâques , c'est Valparaiso maintenant que nous allons visités..


Valparaiso, était le1er port du pacifique jusqu'à l'ouverture du canal de Panama. Ce port a vue les plus grands bateaux corsaires faire escale et a participé à la ruée vers l'or dans le grand nord Canadien.. Cette ville est conforme aux images que nous en avons en Europe avec les ascenseurs plus que centenaires qui montent dans les cerros (collines) ses maisons multicolores et ses rues inextricables. Ville où Pablo Neruda héros national avait une maison La Sébastiana. Ces 3 jours à Valparaiso ont été très enrichissant d'un point culturel mais aussi humain car nous avons logé dans la même hospédajé avec un couple de biologiste chiliens réfugiés en France depuis 30 ans pour cause de dictature, un autre réfugié qui lui a fait sa vie au Canada, un militant communiste et une jeune femme alter mondialiste, toutes ces personnes ont animé nos petits déjeuners pris sur une terrasse avec vue sur le pacifique.


Pour rejoindre Arica nous n'avons pas trouvé de bateau, malgré leurs 5000 kms de côtes, le Chili n'a pas une grande tradition maritime et a supprimé toutes ses lignes vers le nord. C'est donc un moyen de transport moins exotique que nous avons emprunté : le bus. 28 heures pour traverser le désert d'Atacama , avec des paysages époustouflants, pour rejoindre notre point de chute au pied de la Cordillère.

L'étape qui nous a mené de Arica à Tacna au Pérou a été très difficile. Après nos vacances, il a été dur de remettre en route nos muscles. Nous avons effectué 50 kms en plein désert à près de 40° et montée de 0 à 600 mètres en 60 kilomètres. Demain, nous allons prendre la route du Lac Titicaca qui se trouve à 300 kms.


Au vue des difficultés et de l'altitude, nous prévoyons une semaine pour faire cette distance. Nous allons être obligé de prévoir ravitaillement et camping sauvage pour traverser ces zones très peu habitées. Dès que nous serons arrivés au bord du Lac Titicaca vraisemblablement le dimanche 2 où lundi 3 décembre nous vous raconterons notre odyssée. A noter que nous sommes passé de 4 heures de décalage avec la France à 6 heures.



dimanche 18 novembre 2007

L'ILE DE PAQUES

Magique ! si on devait qualifier en un seul mot l'île de Pâques, c'est bien magique que l'on emploierait.

Magique dès la descente de l'avion, sur ce petit aérodrome où vous êtes envahie par l'odeur suave de cette île, odeur qui doit provenir d'une des multiples fleurs s'y trouvant.

Magique comme l'atmosphère qui règle sur cette île mystérieuse.

Magique quand vous vous retrouvez au pied de ses statues de pierre mesurant pour certaines plus de 10 m de haut, coiffées de leurs étranges chapeaux qui simulent les cheveux de ces géants. Ces statues toutes le dos tournées à la mer, sauf une série de 7, représentant les fils du premier roi venus certainement des îles Marquises. Combien de temps et d'énergie a t-il fallu à ce peuple consentant où non pour tailler de tels géants avec comme seul outil une herminette en pierre de lave. Comme on se sent petit et impuissant face à de tel monstre au regard fixe et aux mains posées sur le ventre. Quand vous faites face à ces statues une énergie incroyable vous envahie et votre regard ne peut se détacher de ces magnifiques blocs de pierre taillés.

Quel roi a été assez fou pour imposer un tel martyr à son peuple. On estime à plus d'un millier les statues qui ont été érigée sur toute l'île toujours plus hautes toujours plus grosses et qui étaient transportées sur plus de 10 kms. Certaines inachevées dans la mine à ciel ouvert dépassent les 20 m, que dire des stèles sur lesquelles elles sont posées, mur en pierre où l'on peut voir quand il n'ont pas été détruite, un ajustement parfait. Ce travail de forçât inhumain poussât vers 1650 certaines tribus à se révolter mettant fin au règne des Moaïs. Avec la fin des Moaïs qui furent renversés et la plupart cassés, arrivât l'avènement du culte de l'homme oiseau. Tous les ans, chaque village choisissait son champion qui devait allé chercher le premier oeuf d'oiseau marin pondu sur une île à près de 500 mètres de la côte, dans une eau infestée de requins, gravir une paroi abrupte de plusieurs centaines de mètres pour emmener l'oeuf collé sur le front à son roi. La récompense une statue à son effigie et une vie en ermite sur un volcan voisin..

Magique comme le lieu sacré où repose le Rapa Nui (le nombril du monde) pierre de lave parfaitement ronde qui affole toutes les boussoles que l'on pose dessus et qui était considérée par les habitants de l'île comme le nombril du monde.

Mais le pire danger guettait ce peuple, qui à son apogée comptait 15 000 personnes sur une île de 23 km par 12, l'arrivée de l'homme blanc, qui s'est succédé pour exploiter, déporter, anéantir ce peuple jusqu'à ce qu'il ne reste au début du siècle que 110 pascuans sur l'île.


Cette île qui aujourd'hui, compte 3500 habitants regroupés dans un seul village Hanga Roa qui a gardé un caractère vrai malgré quelques concessions au modernisme. Un tourisme très limité et des lois protégant la propriété font que cette île garde son ambiance polynésienne avec ses légendes, ses croyances et ses mystères.


Voilà notre parenthèse sur l'île de Pâques est terminée, il nous faut songer à reprendre notre route...avec quelques amis en plus